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A LA UNE
Krugman relève un « dérangeant parallèle » entre 2008 et 1932 : la vacance du pouvoir. L’interrègne de deux mois entre les deux adminstrations - l’une désormais privée de crédibilité et l’autre n’ayant pas encore autorité - intervient au plus mauvais moment de cette crise. La vitesse à laquelle se dégrade la situation de l’économie est plus qu’inquiètante. La déflation menace et Motor City pourrait s’effondrer dans les jours qui viennent. Et Krugman de conclure : « il est effrayant d’imaginer à quel point la situation peut encore se détériorer d’ici la prise de fonction » d’Obama. Lire.... »
La référence en matière de crise est aujourd’hui fournie par 1929. L’historien Scott Reynolds Nelson, dont la mémoire est par nature plus longue que celle des médias, nous rappelle le précédent de 1873, qui pour lui est l’archétype de la grande dépression née d’une bulle de crédit, et dans laquelle il voit de nombreux parallèles avec la situation actuelle. Reynolds met également en garde contre les conséquences de ces crises dévastatrices. A l’époque, la recherche de boucs émissaires avait provoqué une recrudescence de l’antisémitisme et allumé des pogroms en Europe de l’est. Lire.... »
BREVES
21/11 ................................
19/11 ................................
18/11 ................................
17/11 ................................
ACTUALITE Laboratoires d’analyse médicale : la santé mise aux enchères
A la demande de Bruxelles, le gouvernement s’apprête à imposer de la manière forte la dérégulation de l’activité des laboratoires d’analyse médicale en autorisant les groupes financiers à en devenir les actionnaires majoritaires. Le Conseil de l’Ordre des Pharmaciens, qui représente ce secteur, s’est vu infliger récemment une perquisition musclée menée par les services de la Commission. Les biologistes s’alarment de ces nouvelles règles qui vont autoriser la mainmise des investisseurs sur les laboratoires au mépris de l’indépendance et de la déontologie médicale. « Le domaine de la santé n’est pas un domaine marchand comme un autre. Les considérations de rentabilité - si elles doivent être prises en compte - ne peuvent pas être la seule règle, » rappelle l’intersyndicale des biologistes.
Les Maldiviens envisagent d’abandonner leurs îles pour échapper à la montée des eaux
« Nous ne pouvons rien faire par nous-mêmes pour stopper le changement climatique, nous devons donc acheter un territoire ailleurs. C’est une police d’assurance en prévision de l’éventualité la plus pessimiste, » a déclaré au Guardian Mohammed Nasheed, le nouveau président des Maldives, qui envisage que son peuple puisse chercher refuge en Inde, au Sri Lanka ou en Australie.
Le danger d’une crise déflationniste, par Michel Santi
« La déstabilisation et la fragilisation de notre système financier est susceptible d’entraîner une crise potentiellement très sérieuse et durable du fait d’un mécanisme que l’économiste des années 30 Fisher appelait “la déflation par la dette”. »
Energies et climat : les tendances actuelles sont insoutenables, avertit l’AIE
« Les tendances actuelles dans l’approvisionnement et la consommation d’énergie sont manifestement non soutenables - écologiquement, économiquement et socialement. Elles peuvent et doivent être modifiées », avertit Nobuo Tanaka, le directeur exécutif de l’Agence Internationale de l’Energie. Mettant en garde contre les tensions prévisibles en raison du déclin accéléré des gisements et de la hausse de la demande - il faudra mettre en production l’équivalent de 6 Arabie Saoudite d’ici 2030 - il estime que « l’ère du pétrole bon marché est terminée. » Sur le volet de la lutte contre le réchauffement climatique, les difficultés ne s’annoncent pas moindres. Même si les pays de l’OCDE réduisaient à rien leurs émissions, la limite des 450 ppm d’équivalents-CO2 serait malgré tout dépassée. Extraits du dernier rapport de l’Agence, voici les faits, les chiffres et les tableaux qui décrivent l’ampleur de la tâche.
Yes you can ! par Uri Avnery (traduction)
« Si la nouvelle administration américaine décide de réexaminer les intérêts US au Moyen Orient et en vient à la conclusion que la paix Israélo-Palestinienne est l’un des éléments essentiels pour une nouvelle politique de l’après Bush, alors le nouveau Président doit en informer notre nouveau Premier Ministre et lui demander poliment mais clairement de geler la colonisation et de commencer de nouvelles négociations - cette fois non pas pour gagner du temps, mais pour atteindre un accord final en 2009. De nombreux Israéliens lui en seraient reconnaissants. Et sans doute notre prochain Premier Ministre l’en remercierait également dans le secret de son cœur. »
Les bulles immobilières européennes, selon l’OCDE
Quelle est l’ampleur des bulles immobilières en Europe ? Les chiffres de l’OCDE indiquent que les prix se sont envolés encore plus haut en Europe qu’aux USA. En 2007, seule l’Irlande subissait un fort renversement de tendance, mais l’Espagne et le Royaume Uni devraient suivre sans tarder. Et la France ? Jugez en vous-même.
Roubini : vers une contraction de la demande sans précédent depuis 60 ans aux USA (VO)
Nouriel Roubini aime les listes. La plus récente énumère rien moins que 20 raisons qui, selon lui, engendreront une contraction sans précédent de la demande des consommateurs américains. Les 6 000 milliards de patrimoine évanouis en raison de la chute de l’immobilier, le renchérissement et la disparition du crédit, la nécessité de reconstituer une épargne inexistante et de se désendetter, la faiblesse persistante des rémunérations, l’augmentation du chômage, tout concoure à réduire fortement une consommation des ménages qui représente aujourd’hui 71% du PIB US. Avec pour résultat une contraction de l’activité qui pourrait, dans le pire des cas, atteindre 5% deux ans de suite, la plus sévère depuis la seconde guerre mondiale. On peut sourire ou s’agacer de la régularité avec laquelle ce nouveau Cassandre délivre ses prédictions d’apocalypse. Pourtant, jusqu’à présent, le sombre Nouriel a toujours vu juste.
La crise, l’Amérique latine et les limites du « socialisme du XXIe siècle », entretien avec Marc Saint-Upéry
Si la crise financière remet en cause en profondeur le modèle de développement d’un capitalisme devenu « fou », elle ne dispense pas pour autant de la difficile tâche de l’invention d’une alternative. Marc Saint-Upéry analyse sans concession les enjeux pour l’Amérique Latine et les courants progressistes. Il met en garde contre ce qu’il décrit comme une illusion romantique révolutionnaire, se substituant bien souvent à la pensée novatrice requise face aux défis de l’époque.
Régulation mondiale et hiérarchie des priorités, par Corinne Lepage
« S’ils acceptaient de reconnaître les erreurs accumulées, le système de gaspillage et de destruction des ressources mis en place et le caractère non durable de la croissance de ces 20 dernières années, [les chefs d’Etat] seraient inéluctablement conduits à reconnaître qu’il ne s’agit pas d’une crise financière mais du volet financier de la crise du système dans lequel nous vivons. »
Cette crise ne sera pas résolue par les politiques classiques, par Paul Craig Roberts (traduction)
Le poids de la dette des entreprises et des ménages rend inopérantes les politiques monétaires. Les taux réels de la Fed avoisinent d’ores et déjà le zéro pourcent, et la machine du crédit ne repart toujours pas. Les politiques de relance budgétaires, consistant à créer de la demande par des investissements de l’Etat dans les infrastructures, nécessitent quand à elles de pouvoir accroître le déficit. Mais la situation des USA leur interdira bientôt le recours à l’emprunt. Ils pourraient être bientôt contraints de recourir à la création monétaire - à l’inflation - estime Paul Craig Roberts, au risque de transformer l’Union en une nouvelle République de Weimar. Il existe pourtant une marge de manoeuvre, rappelle-t-il : mettre fin aux folles dépenses des guerres et de l’entretien d’un appareil militaire américain surdimensionné. Partisan inconditionnel des politiques de l’offre - qu’il a pratiqué comme jeune sous secrétaire au Trésor de l’administration Reagan - il n’en estime pas moins qu’elles ne sont plus de mises aujourd’hui, lorsque les gisements d’emplois n’existent plus en raison des délocalisations. Mais il suggère une mesure fiscale intéressante pour inciter au rapatriement des emplois : moduler l’imposition des entreprises en fonction du lieu de la création de valeur ajoutée. Forte sur les produits délocalisés et faible sur la production intérieure.
Radar 21 novembre 2008 : repli panique sur les bons du Trésor
Mise à jour : 2008-11-21 14:28:51
Hors possession physique (i.e. la pierre et l’or), il existe quatre grandes classes d’actifs. Les bourses, les marchés du crédit c’est à dire les marchés monétaires et les obligations, les matières premières, et enfin, jouissant d’un statut particulier, celui de la garantie de l’Etat, les bons du Trésor. Qu’est-ce qu’une fortune ? Un droit de tirage de revenus futurs - c’est à dire de monnaie, prémisse du droit d’appropriation sur les biens et services - exercé sur une branche de l’activité économique et matérialisé par une inscription contractuelle, une créance. Quelle est sa valeur ? Celle de la richesse que les hommes produiront demain. En ce sens, ce droit est aussi un pari - une estimation - du niveau d’activité futur. Le processus de liquidation des créances sur le futur - qui se sont accumulées au delà de toute vraisemblance ces dernières années, au détriment de l’économie réelle, celle qui devrait permettre à chacun de faire profiter la société de ses talents et d’en tirer des revenus décents - entraîne les entreprises dans sa chute. Les détenteurs de ce papier sont en train de provoquer la ruine de pans entiers du corps social - et la leur- en tentant de se dégager. Ils le savent, mais ne peuvent échapper au processus qui s’est enclanché. En tentant à tout prix de protéger ce qu’ils pourront sauver de cette destruction massive, ils l’amplifient. Que reste-t-il quand tout est perdu ? Quelle est la dernière bouée de sauvetage où se raccrocher ? L’Etat. C’est l’une des rares institution qui jouisse encore d’un peu de confiance, que l’on sait pérenne contre vents et marées, et dont la signature a quelques chances d’être honorée. Cette fuite du risque que représente un futur compomis se traduit donc par des achats massifs de bons du Trésor, provoquant une baisse de leur rendement - l’inverse de leur prix - qui laissent les professionnels sans voix. Ecoutons John Jansen, l’un des spécialistes les plus réputés en la matière : Jansen note que « le marché prévoit un absence d’inflation durant 10 ans. » Le rendement du bon du Trésor de 3 mois est tombé à 0,02%. Cette fuite vers la sécurité, augmentant le prix des bons et diminuant à rien leur rendement, est l’indice d’une capitulation sans précédent. Plus aucune classe d’actif n’est jugée fiable. Ce sentiment, dont on comprend le fondement, est terriblement dangereux. Car c’est une prédiction auto-réalisatrice. En privilégiant la sécurité de l’Etat, cette fuite des capitaux étrangle les entreprises - contraintes d’offir des rendements proche de l’usure pour parvenir à lever des fonds - et risque de déclencher une hécatombe comme nous n’en avons jamais connue. Nous l’avons écrit plusieurs fois. La monnaie sous ses différentes formes - qu’elle soit stock (créance) ou flux (liquide) - est une fonction essentielle à la vie en société. A ce titre elle est un bien commun. Les apprentis sorciers qui se sont saisis sans partage du pouvoir économique après la défaite des idées Keynésiennes, en parvenant à persuader les politiques et nombre d’élites que l’action publique - c’est à dire la collectivité démocratiquement représentée - n’avait plus son mot à dire, ont privatisé au profit de quelques uns cette fonction et son usage. La prééminence absolue qu’a pris le capital sur le travail dans la période récente a supprimé tous les gardes-fous, toutes les limites réciproques que la vie en société impose à l’action de ses membres par la confrontation d’intérêts divergents. Sans concurrent, sans opposant, le capital mondialisé, libéré de toute contrainte, a produit les conditions de sa ruine. Tenter d’accumuler des fortunes au prix de l’appauvrissement des sociétés en exigeant un rendement toujours croissant, en trahissant le pacte social par la création de valeur au prix de la destruction du travail, est une folie. Il ne peut exister de prospérité que si elle est partagée. Le chantage au rendement, au moins disant, est l’inverse de ce pourquoi il se donne, c’est à dire une efficacité accrue, lorsqu’il a pour effet une perte de substance, une pression perpétuelle à la baisse sur les revenus, c’est à dire in fine sur l’activité. Maintenant que vacille ce château de cartes, ce sont les sociétés dans leur ensemble qui vont subir les conséquences dramatiques d’un effondrement qui semble plus difficile à éviter chaque jour qui passe. Panic about the credit markets. Interest rate on 3-month Treasuries at 0.02% ; interest rate on high-yield (junk) bonds over 20%. This is an economic emergency. Setser : mauvais signe - le Trésor peut emprunter gratuitement (...) The fact that so many are willing to lend so much to the US Treasury for so little is a clear indicator of a lack of confidence in other financial asset. Dr. Krugman is right. Market analysts are more or less saying the same thing : ““Where the credit markets are trading, it’s all but implying a 1929 scenario,” said Joe Balestrino, fixed income strategist at Federated Investors”(...) ![]() Suffice to say that surge in Treasuries - and rise in credit spreads - isn’t a good sign. Investors (including central banks) aren’t willing to accept anything that just has an implicit government guarantee - let alone debt with real risk. Right now they want nothing less than the full faith and credit of the US government. Radar 20 novembre 2008 : falaises
Mise à jour : 2008-11-20 23:27:58
USA : variations du kilométrage parcouru (pdf) ![]() Zoom En septembre le kilométrage parcouru par les véhicules aux USA a chuté de 4,4% par rapport à septembre 2007. (Nb : le graphique utilise une autre méthode de représentation, utilisant une moyenne glissante sur un an) Comparaison des marchés baissiers ![]() Le coût du financement des opérations immobilières commerciales atteint des sommets ![]() L’indice CMBX mesure le coût du (re)financement des emprunts immobiliers commerciaux. Effondrement des mises en chantier ![]() Les mises en chantiers aux USA ont baissé de 10% en octobre par rapport à septembre, et sont inférieures de 25% à octobre 2007. Roubini : la pire récession depuis la seconde guerre mondialeLes USA pourraient-ils libeller leurs dettes en yens ? La demande mondiale pour le papier des agences semi-publiques Fannie et Freddie et pour les obligations émises par les entreprises américaines s’effondre, constate Brad Setser. ![]() Pour le moment, cette désaffection a été compensée par une augmentation des achats de bons du Trésor. Mais tôt ou tard, cette méfiance manifestée envers les actifs en dollars s’étendra sans doute aux emprunts d’Etat. Comment, dans ces conditions continuer à attirer des capitaux étrangers pour financer la dette US ? FT Alphaville rappelle que le président Carter avait eu recours à une méthode originale. Les « bons Carter » étaient des emprunts américains libellés en Marks et Francs suisses. Selon Asia Times, des économistes japonais préconiseraient cette mesure.
Cherche premier quadrant, désespérément Citi Group publie une étude sur la situation des différents secteurs de l’économie US, classés selon les axes de leur situation actuelle et de la tendance observée. A l’exception des télécoms et des médias, les seules entreprises situées dans le bon quadrant sont celles qui ont profité des tensions sur les matières premières et l’alimentation. La présence de l’immobilier dans cette zone relève du mystère statistique. ![]() Le premier quadrant en haut à gauche - mauvaise situation, mais en voie d’amélioration - celui par lequel devront passer les secteurs économiques au fur et à mesure de la reprise, reste désespérément vide, sauf à considérer que les banques, encore sur le fil, finiront par s’y hisser. Notez la position de l’automobile, carrément sortie de la photo de famille, tant ses résultats sont désastreux. 1 000 milliards pour sauver les banques FBR Capital Markets juge que la méthode de recapitalisation choisie par Paulson n’est pas la bonne et estime à 1000 milliards les fonds requis pour restaurer une situation saine et relancer la machine du crédit.
Taux Zero en janvier, selon JP Morgan The U.S. Federal Reserve will probably cut interest rates to zero percent over the next two months to staunch deflation, according to JPMorgan Chase & Co. The Fed will lower borrowing costs by 50 basis points at each of the next two policy meetings on Dec. 16 and Jan. 28, JPMorgan economist Michael Feroli wrote in a note to investors yesterday. The central bank will hold rates at zero for the rest of 2009 to prevent prices from spiraling down as companies cut jobs and banks reduce lending, stifling spending, Feroli said. Le coût du crédit devient usuraire pour nombre d’entreprises US Les investisseurs exigent un taux de rémunération de 20% pour octroyer des fonds aux entreprises ne bénéficiant pas de la meilleure note. Les sociétés dont les obligations sont jugées à risque (en terme chosisis bons à haut rendement, mais couramment dénommées junks bonds, obligations pourries) représentent 17% des valeurs de la bourse New Yorkaise et sont à l’origine de la moitié des émissions de dette effectuées par les entreprises aux USA. Average yields on US junk bonds have topped 20 per cent for the first time amid rising concerns about a protracted recession and a wave of corporate defaults. The spike in yields could have a dramatic impact on economic activity, making new debt prohibitively expensive for companies with credit ratings below investment grade. Such junk-bond issuers account for 17 per cent of the S&P 500 and nearly half the corporate bond market, according to Standard & Poor’s... Daewoo pense pouvoir exploiter les terres de Madagascar sans les rémunérer "We want to plant corn there to ensure our food security. Food can be a weapon in this world,” said Hong Jong-wan, a manager at Daewoo. Daewoo said it had agreed with Madagascar’s government that it could cultivate 1.3m hectares of farmland for free when it signed a memorandum of understanding in May. When the company signed the contract in July, it agreed to discuss costs with Madagascar. But Daewoo now believes it will have to pay nothing. Daewoo plans to start maize production on 2,000 hectares from next year and gradually expand it to other parts of the leased land. The company plans to plant maize on 1m hectares in the western part of Madagascar and oil palm trees on 300,000 hectares in the east. LE CHOIX DES LECTEURS RECENTSEnvironnement
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