Vendredi, la Marine Nationale a repêché les corps de dix-huit migrants péris en mer. Sur les frontières maritimes de l’Europe, ce sont sans doute des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants, qui disparaissent en mer chaque mois, à une heure d’avion de Paris, pour reprendre une expression célèbre en d’autres circonstances, mais cette fois ci dans l’indifférence générale.
La préfecture maritime de la méditerrannée a annoncé que la frégate La Motte-Picquet avait repêché le corps de dix-huit migrants clandestins dans les eaux internationales au large de Malte. Aucune embarcation n’a été retrouvée. L’état de décomposition avancé n’a pas permis de déterminer l’origine des victimes. Les corps des victimes seront débarqués en france, a indiqué l’autorité militaire.
Drames répétés
Ce n’est pas le premier drame de cette nature qui survient dans cette région. Le 21 mai une barque chargée de 53 personnes a disparu après avoir été observée par un avion de l’armée maltaise. Un peu plus tôt, un autre bateau en provenance d’afrique du nord transportant 28 clandestins avait fait naufrage, ne laissant qu’un seul survivant.
Dernièrement, à plusieurs reprises, des hommes ont été retrouvés accrochés à des filets flottants d’élevage de thon, sans toujours recevoir une assistance des navires passant à proximité.
Poussières d’Europe...
Les iles européennes à proximité des côtes africaines voient affluer un nombre croissant de candidats à l’immigration qui s’embarquent au péril de leur vie. Si Malte, n’a reçu « que » 1.780 immigrants en 2006, les iles Canaries ont vu débarquer sur leurs côtes 31 000 personnes cette même année, chiffre égal au total des quatre années précédentes. La quasi totalité de ces migrants ont été renvoyés dans leur pays d’origine.
L’Italie et la Sicile, avec Lampedusa, font face au même drame. En 2006 22.016 émigrés, dont 8.146 Marocains, 4.200 Egyptiens et 2.859 Erythréens, ont ainsi accosté en Italie après l’interception de leur embarcation, selon le bilan du ministère italien de l’Intérieur. Les clandestins viennent dans ce cas de la Libye, où l’Office International des Migrations estime leur nombre à 1,5 à 2 millions.
Mais c’est le détroit de Gibraltar qui voit le plus grand nombre de tentatives, que Pierre Vermeren, lors d’une enquête effectuée pour le monde diplomatique, a estimé à 100 000 chaque année.
Selon RFI], en 2001, 700 marocains ont perdus la vie en tentant la traversée sur les « pateras », les embarcations de fortune utilisées par les passeurs.
Au Maroc, le président de l’Association des amis et familles de victimes de l’immigration clandestine (AFVIC) Khalil Jemmah s’alarme : « Certaines régions sont véritablement sinistrées, elles perdent leurs jeunes de cette façon, dans une indifférence totale et le silence des autorités »
...Forteresse Europe
En septembre 2006, Amnesty International annonçait que depuis 1988, 5001 candidats à l’exil sont morts aux frontières de l’Union européenne, dont plus de 1 500 disparus en mer, selon un inventaire publié par le site internet Fortress Europe. Près de 361 personnes ont été trouvées mortes cachées dans les camions et des containers, en France, Allemagne, Grèce, Turquie.
Infortunes de mer
Le nombre des naufrages est sans doute impossible à établir, mais chaque mois qui passe apporte son lot de drames, dont les dépêches d’agences décrivent toute l’horreur en quelques phrases sèches.
Comment rendre compte de l’ampleur de ces souffrances ? Ecoutons simplement ce que disent deux internautes Sénégalais, s’exprimant après l’annonce d’un de ces naufrages, en Avril 2006 :
M. Mendy Papaî : « J’AI MAL ET HONTE A LA FOIS ; Je suis arrivé en France en 1974 caché dans les cales d’un cargo, j’avais 17 ans ; rien n’a donc changé ... »
M. Abo Sakho : « Mon frere Mlick Sakho est parti vers l’espagne en mer depuis fin fevrier 2006 cela fait maintent 1 an que nous avons pas eu d’information sur lui ».
Mars 2007 Au moins 60 personnes sont mortes au large de la Guinée dans le naufrage d’un bateau transportant 120 passagers, a rapporté jeudi la télévision guinéenne.
"C’est une pirogue avec 120 personnes à bord qui a chaviré. Trente-six personnes ont survécu", a ajouté la télévision qui a diffusé des images des rescapés, pour la plupart assez jeunes.
Mars 2007, deux embarcations transportant au moins 45 clandestins en route pour les canaries ont fait naufrage.
Janvier 2007 Deux immigrés clandestins sont morts noyés et cinq autres, dont deux enfants, ont été portés disparus mercredi près de l’île grecque de Samos, dans l’est de la mer Egée, ont indiqué les autorités grecques.
Janvier 2007 Deux clandestins ont péri et 19 autres sont portés disparus après le naufrage lundi, près de Mayotte, d’une embarcation de clandestins venant de l’île voisine d’Anjouan.
Décembre 2006En route vers l’archipel espagnol des Canaries une centaine de migrants clandestins sont portés disparus après le naufrage de leur pirogue. Ils étaient partis au nombre de 127, le 3 décembre, de la localité de Bolongne dans la région de Ziguinchor à bord de leur pirogue pour se rendre clandestinement aux Canaries.
Confrontés aux intempéries, affamés et assoiffés, les migrants ont décidé de rebrousser chemin entre les côtes marocaines et mauritaniennes avant de faire naufrage. Vingt-cinq d’entre eux ont pu être secourus samedi par des pêcheurs au large de Saint-Louis.
Septembre 2006 Trente clandestins, dont huit enfants, sont morts noyés dans le naufrage de deux embarcations qui devaient les conduire en Italie, en plein milieu du canal de Sicile. Les rescapés ont été conduits à Lampedusa et à La Valette. « J’ai tenu mon frère dans mes bras jusqu’à son dernier souffle. Quand il est mort, nous avons dû le jeter par-dessus bord », raconte l’un des quatorze survivants recueillis par la frégate italienne Sibilla.
Autre drame de la mer : hier à l’aube, un pêcheur italien a débarqué à La Valette treize émigrés, cinq femmes et huit hommes de nationalité somalienne, recueillis en pleine mer à 40 milles au sud de l’île. D’après les rescapés, dix-sept autres clandestins, dont huit enfants et un bébé de quarante jours, n’auraient pas survécu et auraient été jetés à la mer.
Un pirogue transportant 101 émigrants clandestins en route pour les îles Canaries a été interceptée dimanche au large de la Mauritanie par une patrouille hispano-mauritanienne, a annoncé la police. Les passagers étaient dans un état de santé critique, munis de peu de nourriture, d’un seul bidon d’eau et de combustibles, a indiqué le chef de la police de la deuxième ville de Mauritanie
Aout 2006 La petite île italienne de Lampedusa a été confrontée samedi 19 août à un nouveau drame de l’immigration clandestine : au moins 10 personnes sont mortes noyées dans le naufrage d’une embarcation où près d’une centaine d’hommes et de femmes s’étaient entassés.
Les cadavres de quatre femmes et six hommes avaient été récupérés samedi à 9 h 30, et 70 personnes sauvées du naufrage, a indiqué un responsable de la Capitainerie de Palerme (Sicile),
Juillet 2006 Cinq corps d’immigrés clandestins d’origine subsaharienne ont été découverts mardi sur la plage de Foum El-Oued, près de Laâyoune, portant à 26 morts le nombre de personnes retrouvées noyées dans cette région depuis lundi. Par ailleurs, quatre autres émigrés clandestins d’origine marocaine ont été découverts morts noyés dans la région de Dzira, à 150 km au nord de Laâyoune, à proximité du centre d’Akhfenir.
Juin 2006 Trois personnes sont mortes et huit autres ont été portées disparues après le naufrage vendredi matin d’une embarcation d’immigrés clandestins au large de Malte, selon un bilan de la Capitainerie du port de Syracuse
Juin 2006 Un paquebot néerlandais a secouru une vingtaine d’immigrants clandestins d’origine somalienne dont l’embarcation avait sombré au large de l’île de Samos, en mer Egée, mais un enfant de quatre ans s’est noyé lors du naufrage, annonce mardi le ministère grec de la Marine marchande.
Avril 2006-> la marine mauritanienne annonce qu’une embarcation transportant 57 personnes originaires du Sénégal, du Mali et de Gambie, en mer depuis 17 jours s’était perdue en mer en faisant 32 victimes.
Décembre 2005, 68 personnes sont mortes au large de la Lybie, et 36 sur la côte du Sahara Occidental.
Juin 2005, Maroc Six femmes et six enfants originaires de l’Afrique subsaharienne ont succombé suite au naufrage d’une embarcation pneumatique, survenu à Sidi Kankouch dans la nuit du lundi 13 juin.
Le sinistre s’est produit lorsqu’une embarcation pneumatique de 7 mètres de long, a fait naufrage à peine à quelques dizaines de mètres du point d’embarquement, dans un secteur connu sous le nom de Hjar Sfar (les pierres jaunes).
D’après la Gendarmerie Royale, le naufrage aurait eu lieu suite à l’infiltration d’eau dans l’embarcation, surchargée, à bord de laquelle se trouvaient 91 personnes, dont 15 marocains et une douzaine de bébés. La panique se serait emparée des clandestins, ce qui aurait déséquilibré le zodiac.
Fevrier 2005 Vingt-six personnes, des prétendants à l’émigration clandestine en Europe, ont été repêchées hier par les gardes-côtes à 70 km au large de Beni Saf.
Deux passagers de nationalité non encore identifiée n’ont pu être sauvés : l’un était déjà décédé avant l’arrivée des secouristes, tandis que l’autre, dans un état critique, devait succomber juste après. Sur une embarcation de fortune, un simple zodiac, les survivants ont dérivé pendant neuf jours.
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