Oussama Ben Laden y fait référence dans le dernier message qui lui est attribué. Emmanuel Todd, le démographe qui avait prévu la fin de l’Union Soviétique, a publié en 2002 un ouvrage analysant les raisons du déclin de l’empire américain.
Présentation de l’éditeur
Il n’y aura pas d’empire américain. Le monde est trop vaste, trop divers, trop dynamique pour accepter la prédominance d’une seule puissance.
L’examen des forces démographiques et culturelles, industrielles et monétaires, idéologiques et militaires qui transforment la planète, ne confirme pas la vision aujourd’hui banale d’une Amérique invulnérable. Emmanuel Todd trace ici le tableau plus réaliste d’une grande nation dont la puissance a été incontestable, mais dont le déclin relatif est irréversible.
Les États-Unis étaient indispensables à l’équilibre du monde ; ils ne peuvent aujourd’hui maintenir leur niveau de vie sans les subsides du reste du monde. L’Amérique, par son activisme militaire de théâtre dirigé contre des États insignifiants, tente de masquer son reflux.
La lutte contre le terrorisme, l’Irak et « l’axe du mal » ne sont plus que des prétextes. Parce qu’elle n’a plus la force de contrôler les acteurs économiques et stratégiques majeurs que sont l’Europe et la Russie, le Japon et la Chine, l’Amérique perdra cette dernière partie pour la maîtrise du monde.
Elle redeviendra une grande puissance parmi d’autres.
Extrait de la préface de l’édition 2004
Les Etats-Unis jusqu’à très récemment facteur d’ordre mondial, apparaissent de plus en plus nettement comme un facteur de désordre.
L’entrée en guerre contre l’Irak et la rupture de la paix mondiale ont représenté, de ce point de vue, une étape décisive. La thèse du « micromilitarisme théâtral » a été parfaitement illustrée par l’agression déclenchée par la première puissance mondiale contre un nain militaire, l’Irak, pays sous-développé, de 25 millions d’habitants, épuisés par plus d’une décennie d’embargo. Le théâtre médiatique ne doit pas cacher une réalité fondamentale : la taille de l’adversaire définit la réalité de la puissance américaine.
Attaquer un faible, ce n’est pas se définir de façon convaincante comme fort. C’est conformément à la thèse centrale de ce livre, prétendre rester la puissance indispensable au monde, en attaquant des adversaires insignifiants. Mais le monde n’a pas besoin de cette Amérique là : militariste, agitée, incertaine, anxieuse, projetant son désordre interne sur la planète.
L’Amérique, elle, ne peut plus se passer du monde. Son déficit commercial a encore augmenté depuis la publication d’après l’empire. Elle est désormais structurellement déficitaire dans les échanges de biens de technologie avancée. Sa dépendance aux flux financiers venus de l’extérieur s’est encore aggravée.
C’est bien pour maintenir sa centralité financière que l’Amérique se bat, mettant en scène, son activité guerrière symbolique au cœur de l’Eurasie, tentant ainsi d’oublier et de faire oublier sa faiblesse industrielle, ses besoins d’argent frais, son caractère prédateur.
Bien loin d’avoir renforcé le leadership américain sur le monde arabe, la marche à la guerre a produit contre toute attente de l’administration de Washington, une rapide dégradation du statut international des Etats-Unis.
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Emmanuel Todd : « l’instabilité sociale va s’aggraver »





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