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Environnement Climat
Mis à Jour le : 19 novembre 2007  23:09
Le quatrième rapport du GIEC
19 novembre 2007

Version française du quatrième rapport du GIEC. Première partie : observations et conséquences prévisibles.

1. Changements observés dans le climat et leurs effets

Le réchauffement du système climatique est sans équivoque, comme le prouvent les observations des accroissements des températures moyennes mondiales de l’air et de l’océan, de la fonte largement répandue de la neige et de la glace et de la montée du niveau moyen mondial de la mer (figure SPM .1). 1.1 [1]

Onze des douze dernières années (1995-2006) figurent parmi les douze années les plus chaudes de l’enregistrement des températures de surface mondiales (depuis 1850). La tendance moyenne sur cent ans (1906-2005), 0,74°C [0,56 à 0,92] [2], est supérieure à la valeur correspondante, 0,6°C [0,4 à 0,8] (1901-2000) fournie par le troisième rapport d’évaluation (figure SPM.1). L’accroissement de température est largement répandu sur l’ensemble du globe et est plus élévé aux latitudes les plus septentrionales. Les terres émergées se sont réchauffées plus rapidement que les océans (figures SPM.2, SPM.4). 1.1, 1.2

La montée du niveau de la mer est cohérente avec le réchauffement (figure SPM.1). En moyenne mondiale, le niveau de la mer a cru depuis 1961 à une vitesse moyenne de 1,8 mm/an [1,3 à 2,3] et depuis 1993 de 3,1 mm/an [2,4 à 3,8], à cause de la dilation thermique et de la fonte des glaciers, des inlandsis et des calottes glaciaires polaires. Il n’est pas clair si la vitesse accrue de 1993 à 2003 reflète une variation décennale ou une tendance à long terme. 1.1

Les décroissances observées de la couverture de neige et de glace sont également cohérentes avec le réchauffement (figure SPM.1). Les données des satellites montrent que, depuis 1978, l’étendue de la banquise arctique a décru annuellement de 2,7% [2,1 à 3,3], avec une décroissance plus marquée en été de 7,1% [5,0 à 9,8] par décennie. Les glaciers de montagne et la couverture nuageuse ont diminué en moyenne dans les deux hémisphères. 1.1

De 1900 à 2005, les précipitations ont augmenté de façon significative dans les parties orientales de l’Amérique du Nord et du Sud, au nord de l’Europe, au nord et au centre de l’Asie, mais ont diminué au Sahel, dans le bassin méditerranéen, en Afrique australe et sur une partie du sud de l’Asie. Globalement, les surfaces affectées par la sécheresse ont probablement [3] cru depuis les années 1970. 1.1

Il est très probable qu’au cours des 50 dernières années, les jours froids, les nuits froides et les gelées sont devenus moins fréquents sur la plupart des terres émergées et que les jours chauds et les nuits chaudes sont devenus plus fréquents. Il est probable que les vagues de chaleur sont devenues plus fréquentes sur la plupart des terres émergées, que la fréquence des événements de fortes précipitations a augmenté sur la plupart des surfaces et que depuis 1975, la fréquence de valeurs élevées extrêmes du niveau de la mer [4] s’est accrue partout dans le monde. 1.1

Les observations mettent en évidence un accroissement de l’activité des cyclones tropicaux intenses dans l’Atlantique nord depuis 1970, avec des mises en évidence, en nombre limité, d’accroissement ailleurs. Aucune tendance claire n’émerge dans la variation du nombre annuel de cyclones tropicaux. Il est difficile de dégager des tendances à plus long terme, surtout avant les années 1970. 1.1, 1.4

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Figure SPM. 1 : Changements dans la température, le niveau de la mer et la couverture neigeuse de l’hémisphère nord.

Les changements observés dans (a) la température de surface en moyenne mondiale ; (b) le niveau moyen mondial de la mer et (c) la couverture neigeuse de l’hémisphère nord en mars et avril. Toutes les différences sont prises par rapport aux moyennes correspondantes pour la période 1961-1990. Les courbes lissées représentent les valeurs moyennées sur une décennie, tandis que les cercles indiquent les valeurs annuelles. Les zones ombrées sont les fourchettes d’incertitude estimées à partir d’une analyse exhaustive des incertitudes connues (a et b) et des séries temporelles (c). figure 1.1

Les températures moyennes de l’hémisphère nord pendant la deuxième moitié du 20ème siècle ont été très probablement plus élevées qu’au cours de n’importe quelle période de 50 ans au cours des 500 dernières années et probablement les plus élevées des 1300 dernières années au moins. 1.1

Les observations faites sur tous les continents et sur la plupart des océans mettent en évidence que de nombreux systèmes naturels sont affectés par les changements climatiques régionaux en particulier les accroissements de température. 1.2

Il y a une grande confiance dans le fait que les changements dans la neige, la glace et les sols gelés ont accru le nombre et la taille des lacs glaciaires, accru l’instabilité des sols dans les montagnes et dans les régions de pergélisol, et induit des changements dans certains écosystèmes arctiques et antarctiques. 1.2

Il y a une grande confiance dans le fait que certains systèmes hydrologiques ont été affectés par des ruissellements accrus et des crues de printemps précoces dans de nombreuses rivières alimentées par des glaciers ou de la neige, et des effets sur la structure thermique et sur la qualité de l’eau des rivières et des lacs qui se réchauffent. 1.2

Dans les écosystèmes terrestres, il y a une très grande confiance dans le fait que la plus grande précocité des événements printaniers et le déplacement, vers les pôles et vers les sommets, des habitats des plantes et des animaux sont liés avec le réchauffement récent. Pour certains systèmes marins et d’eau douce, il y a une grande confiance dans le fait que des déplacements et des différences d’abondance des algues, du plancton et des poissons sont associés aux accroissements de température, ainsi que des changements correspondants dans la couverture de glace, la salinité, les niveaux d’oxygène et la circulation. 1.2

Parmi les plus de 29 000 séries de données d’observation, issues de 75 études, qui montrent des changements significatifs dans de nombreux systèmes physiques et biologiques, plus de 89 % sont cohérentes avec le sens du changement attendu en réponse au réchauffement (figure SPM.2). Cependant, il existe un déséquilibre géographique notable dans les données et dans la littérature sur les changements observés, avec un déficit marqué pour ce qui est des pays en développement. 1.3

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Figure SPM.2 : Changements dans les systèmes physiques et biologiques et la température de surface 1970-2004

Les emplacements des changements significatifs dans les systèmes d’observation des systèmes physiques (neiges, glaces et sols gelés ; hydrologie ; processus côtiers) et des systèmes biologiques (terrestres, marins, et d’eau douce) sont représentés avec les changements de la température de surface sur la période 1970-2004. Un sous-ensemble d’environ 29.000 séries de données a été sélectionné parmi environ 80.000 séries de données issues de 577 études. Ces séries devaient se conformer aux critères suivants : (1) Se terminer en 1990 ou plus tard ; (2) couvrir une période d’au moins 20 ans ; et (3) montrer un changement significatif, quelle qu’en soit la direction, dans les conditions fixées pour les études individuelles. Ces séries de données proviennent d’environ 75 études (parmi lesquelles 70 environ sont nouvelles depuis le troisième rapport d’évaluation) contenant environ 29.000 séries de données, dont environ 27.800 proviennent d’études européennes. Les régions de couleur blanche ne contiennent pas assez de données d’observation climatologiques pour estimer une tendance de la température. Les carrés 2x2 présentent le nombre total de séries montrant des changements significatifs (ligne du haut) et le pourcentage de celles-ci qui sont cohérentes avec le réchauffement (ligne du bas) pour (i)les régions continentales : Amérique du Nord (NAM), Amérique latine (LA), Europe (EUR), Afrique (AFR), Asie (AS), Australie et Nouvelle-Zélande (ANZ), et les régions polaires (PR) et (ii) l’échelle globale : régions terrestres (TER), marines et d’eaux douces (MFW) et ensemble du globe (GLO). La somme des nombres d’études apparaissant dans les sept boîtes régionales (NAM, LA, EUR, AFR, AS, ANZ, PR) ne correspond pas au nombre d’études globales (GLO) parce que les études dans ces régions (excepté la polaire) ne contiennent pas les études sur les systèmes marins et d’eaux douces. Les emplacements des changements sur les larges régions marines ne sont pas indiqués sur la carte figure 1.2

Il y a une confiance moyenne dans le fait que d’autres effets des changements climatiques régionaux sur les systèmes naturels et humains émergent, bien que l’adaptation et les facteurs non climatiques les rendent difficiles à discerner.

Ils incluent des effets des accroissements de température sur : 1.2

• la gestion agricole et sylvicole dans les régions de haute latitude de l’hémisphère nord, comme une plantation plus précoce des céréales et des altérations dans les régimes de perturbation des forêts par les feux et les parasites

• certains aspects de la santé humaine, comme la mortalité liée aux fortes chaleurs en Europe, des changements dans les vecteurs de maladies infectieuses dans certaines régions, et des pollens allergisants dans les hautes et moyennes latitudes de l’hémisphère nord

• certaines activités humaines en Arctique (par exemple, la chasse et les déplacements sur la neige et la glace) et dans les stations alpines de basse altitude (telles que les sports d’hiver)

2. Causes des changements

Les changements dans les concentrations atmosphériques des gaz à effet de serre (GES) et des aérosols, de la couverture végétale et de l’activité solaire altèrent l’équilibre énergétique du système climatique.

Les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) dues aux activités humaines ont cru depuis la période préindustrielle, avec une augmentation de 70 % entre 1970 et 2004 (figure SPM .3) [5]. 2.1

Le dioxyde de carbone (CO2) est le plus important des GES anthropiques. Ses émissions annuelles ont cru d’environ 80 % entre 1970 et 2004. La tendance à long terme à la décroissance des émissions de CO2 par unité d’énergie fournie s’est inversée après 2000. 2.1

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Figure SPM.3 : Emissions globales anthropogéniques de GES

Emissions globales annuelles des GES anthropiques de 1970 à 2004. 5 (b) Part des divers GES anthropiques dans les émissions totales en 2004 en termes de CO2-éq. (c) Part des divers secteurs dans les émissions totales de GES en 2004 en termes de CO2-éq (la sylviculture inclut la déforestation). figure 2.1

Les concentrations atmosphérique de CO2, de méthane (CH4) et de protoxyde d’azote (N2O) ont cru remarquablement à cause des activités humaines depuis 1750 et maintenant excèdent largement les valeurs préindustrielles déterminées à partir des carottes de glace couvrant de nombreux milliers d’années. 2.2

Les concentrations atmosphériques de CO2 (379ppm) et de CH4 (1774ppb) en 2005 excèdent largement la plage des variations naturelles au cours des 650 000 dernières années. L’augmentation de la concentration en CO2 est due principalement à l’utilisation des combustibles fossiles, le changement d’utilisation des terres fournissant une autre contribution significative, mais plus faible. Il est très vraisemblable que l’accroissement observé de la concentration en CH4 est dû principalement à l’agriculture et à l’utilisation des combustibles fossiles. Le taux de croissance du méthane a décru depuis le début des années 1990, ce qui est cohérent avec des émissions totales (somme des sources anthropiques et naturelles) quasi constantes pendant cette période. L’accroissement de la concentration en N2O est dû essentiellement à l’agriculture. 2.2

Il y a une très grande confiance dans le fait que l’effet net global des activités humaines depuis 1750 a été un réchauffement . 2.2

La plus grande part de l’accroissement observé dans les températures moyennes mondiales depuis la moitié du 20ème siècle est très probablement dû à l’accroissement observé de la concentration des GES anthropiques. Il est probable qu’il y a eu un réchauffement anthropique significatif au cours des 50 dernières années en moyenne sur chaque continent (sauf en Antarctique) (figure SPM.4). 2.4

Durant les 50 dernières années, la somme des forçages solaire et volcanique aurait probablement produit un refroidissement. Les structures observées du réchauffement et leurs changements ne sont simulés que par des modèles incluant les forçages anthropiques. Des difficultés subsistent pour simuler et attribuer les températures observées à des échelles inférieures à l’échelle continentale. 2.4

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Figure SPM.4 : Changement des températures mondiales et continentales

Comparaison des changements de la température de surface observés à l’échelle continentale et mondiale avec les résultats simulés par des modèles utilisant soit des forçages naturels, soit des forçages naturels et anthropiques. Les moyennes décennales des observations sont représentées pour la période 1906-2005 (ligne noire) en fonction du centre de la décennie, sous forme de leur variation par rapport à la moyenne correspondante pour la période 1901-1950. Les lignes sont pointillées lorsque la couverture spatiale est moins de 50 %. Les bandes colorées en bleu indiquent la plage 5-95 % pour 19 simulations faites par 5 modèles climatiques, en utilisant les seuls forçages naturels dus à l’activité solaire et les volcans. Les bandes colorées en rouge montrent la plage 5-95 % pour 58 simulations faites par 14 modèles climatiques, en utilisant à la fois les forçages naturels et anthropiques. figure 2.5

Les progrès faits depuis le 3ème rapport d’évaluation montrent que les influences humaines discernables s’étendent à d’autres aspects du climat que la température moyenne. 2.4

Les influences humaines ont : 2.4

• très probablement contribué à la montée du niveau de la mer durant la deuxième moitié du 20ème siècle

• probablement contribué à des changements dans les structures des vents, affectant la trajectoire des tempêtes extratropicales et les structures des températures

• probablement accru les températures des nuits chaudes, des nuits froides et des jours froids les plus extrêmes

• plus probablement que non accru le risque de vagues de chaleur et les surfaces affectées par la sécheresse depuis les années 1970 et la fréquence des événements de précipitations extrêmes.

Le réchauffement anthropique au cours des trois dernières décennies a probablement eu une influence discernable, à l’échelle mondiale, sur les changements observés dans de nombreux systèmes physiques et biologiques. 2.4

Il est très improbable que la coïncidence géographique entre les régions de réchauffement significatif et les localisations des changements significatifs observés dans de nombreux systèmes cohérents avec le réchauffement soit seulement dû à la variabilité naturelle. Plusieurs modélisations ont établi un lien direct entre certaines réponses spécifiques des systèmes physiques et biologiques et le réchauffement anthropique. 2.4

Une attribution plus exhaustive des réponses observées des systèmes naturels au réchauffement anthropique est actuellement impossible à cause des échelles de temps courtes de beaucoup des études d’impact, de la variabilité naturelle du climat plus grande à l’échelle régionale, des contributions d’autres facteurs non climatiques et de la couverture spatiale limitée des études. 2.4

3. Le changement climatique simulé et ses conséquences

Les politiques actuelles d’atténuation du changement climatique et les pratiques de développement durables associées conduiront les émissions mondiales de GES à poursuivre leur croissance au cours des quelques prochaines décennies (bon accord et nombreuses mises en évidence). 3.1

Les projections du Rapport Spécial sur les Scénarios d’Emission (RSSE, 2000) , présentent un accroissement des émissions mondiales de GES de 25-90% (CO2-éq) entre 2000 et 2030 (Figure SPM.5), avec un maintien de la position dominante des combustibles fossiles dans le bouquet énergétique mondial jusqu’en 2030 et au-delà. Des scénarios plus récents sans mesures d’atténuation supplémentaires conduisent à des ordres de grandeur analogues. 3.1

Scénarios d’émission de GES de 2000 à 2100 (en l’absence de politiques climatiques supplémentaires) et projections des températures de surface

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Figure SPM.5 : Panneau de gauche : Emissions globales de GES (en CO2-eq) en l’absence de politique climatique supplémentaire : six scénarios marqueurs du RSSE (lignes colorées) et la gamme du 80ème percentile des scénarios récents, publiés depuis le RSSE (post-RSSE) (zone grisée). Les lignes tiretées montre la gamme complète des scénarios post-RSSE. Les émissions comprennent le CO2, le CH4, le N2O, et les gaz fluorés. Panel de droite : les lignes continues représentent la moyenne sur de nombreux modèles du réchauffement mondial pour les scénarios du RSSE A2,A1B et B1, en continuité avec les simulations du 20ème siècle. Ces projections prennent aussi en compte les émissions de GES à courte durée de vie et les aérosols. La ligne rose n’est pas un scénario, mais correspond à une simulation de modèle climatique dans laquelle les concentrations sont maintenues constantes à leur valeur en 2000. Les barres à droite de la figure indiquent la valeur la plus probable (trait horizontal à l’intérieur de chaque barre) et la plage probable associées à chacun des scénarios de référence pour la période 2090-2099. Toutes les températures sont relatives à la moyenne sur la période 1980-1999. Figure 3.1, Figure 3.2

Une poursuite des émissions de GES à un niveau égal ou supérieur au niveau actuel causerait un réchauffement supplémentaire et, au cours du 21ème siècle, induirait dans le système climatique global de nombreux changements qui seraient très vraisemblablement plus importants que ceux qui ont été observés au cours du 20ème siècle (table SPM.1, figure SPM.5). 3.2.1

Pour les deux prochaines décennies, les projections de réchauffement sont d’environ 0,2° par décennie, pour toute une gamme de scénarios du RSSE. Même si les concentrations de tous les GES et des aérosols avaient été maintenues constantes au niveau de 2000, on aurait dû s’attendre à un réchauffement de 0,1°C par décennie. Au-delà, les températures simulées dépendent de plus en plus des scénarios relatifs aux émissions futures. 3.2

Tableau SPM.1. Réchauffement mondial moyen en surface et augmentation du niveau de la mer à la fin du 21ème siècle. Tableau 3.1

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Notes :

a) Les températures sont celles qui sont évaluées comme les plus probables et les fourchettes vraisemblables d’incertitude sont déduites d’une hiérarchie de modèles de complexité variable ainsi que de contraintes d’observations.

b)La valeur pour la composition constante en 2000 est déduite de modèles de circulation globale de l’atmosphère et de l’océan.

c) Tous les scénarios ci-dessus sont les 6 scénarios de référence du RSSE. Les concentrations approximatives en 2100, exprimées en équivalent dioxyde de carbone correspondant au forçage radiatif du aux GES d’origineanthropique et aux aérosols (voir page 823 du TAR) pour les scénarios marqueurs illustratifs RSSE B1,A1T,B2,A1B,A2 et A1FI, sont environ respectivement de 600, 700, 800, 850,1250 et 1550 ppm.

d) Ajouter environ un demi degré C aux plages de température pour obtenir le réchauffement par rapport à la période préindustrielle.

En gros, la plage des résultats de simulations (Tableau SPM.1) est cohérente avec celle du 3ème rapport d’évaluation, mais les incertitudes estimées et les valeurs maximales sont supérieures, principalement parce que la gamme plus large des modèles disponibles suggère une rétroaction plus forte du cycle climat-carbone. Le réchauffement réduit le prélèvement de CO2 atmosphérique par les écosystèmes et l’océan, ce qui accroît la fraction des émissions anthropiques qui reste dans l’atmosphère. La force de cet effet de rétroaction varie de façon marquée entre les modèles. 2.3, 3.2.1

En raison d’une compréhension trop limitée de certains effets importants qui déterminent la montée du niveau de la mer, ce rapport n’évalue pas la vraisemblance ni ne fournit une valeur probable ou une limite supérieure de l’élévation du niveau de la mer. Le tableau SPM.1 montre les valeurs simulées par les modèles de l’élévation du niveau de la mer pour 2090-2099 . Ces simulations ne prennent pas en compte les incertitudes sur les rétroactions du cycle climat-carbone ni le plein effet des changements dans la dynamique de la glace des inlandsis. En conséquence, les fourchettes indiquées ne doivent pas être considérées comme des limites supérieures de l’élévation du niveau de la mer. Elles prennent en compte la contribution d’un écoulement accru de la glace des calottes du Groenland et de l’Antarctique aux vitesses observées de 1993 à 2003, mais ce mécanisme pourrait croître ou décroître dans le futur . 3.2.1

Une plus grande confiance que lors du 3ème rapport d’évaluation est maintenant accordée aux structures spatiales du réchauffement et aux autres phénomènes régionaux, parmi lesquels les changements de la répartition des vents, des précipitations, et de certains aspects des événements extrêmes et de la glace de mer. 3.2.2

Les modifications à l’échelle régionale comprennent : 3.2.2

• un réchauffement plus important sur les terres émergées et en général pour les latitudes septentrionales, et moins important pour l’océan de l’hémisphère sud et sur certaines parties de l’Atlantique nord, en continuité avec les tendances récemment observées (Figure SPM.E)

• une contraction de la couverture neigeuse, des accroissements dans la profondeur du dégel dans la plupart des régions de pergélisol et une décroissance de la glace de mer ; dans certaines simulations utilisant les scénarios du RSSE, la glace de mer disparaît presque entièrement en été dans la dernière partie du 21ème siècle

• un accroissement très probable dans la fréquence des températures élevées, des vagues de chaleur et des précipitations intenses

• un accroissement probable de l’intensité des cyclones tropicaux ; une confiance moindre dans la décroissance globale du nombre de cyclones tropicaux

• un déplacement vers le pôle des trajectoires des tempêtes extra-tropicales avec des conséquences sur la structure des vents, des précipitations et des températures

• des accroissements très probables des précipitations aux hautes latitudes et des décroissances probables dans la plupart des terres émergées subtropicales, en continuité avec les tendances récentes observées.

Il y a une grande confiance dans le fait qu’au milieu du siècle, d’après les simulations, le débit annuel des rivières et la disponibilité en eau croîtront aux hautes latitudes (et dans certaines régions tropicales humides) et décroîtront dans certaines régions sèches des zones de moyennes latitudes et des tropiques. Il y a aussi une grande confiance dans le fait que de nombreuses zones semi-arides (par exemple le bassin Méditerranéen, l’ouest des Etats-Unis, le sud de l’Afrique et le nord-est du Brésil) vont souffrir d’une diminution des ressources en eau due au changement climatique 3.2, Figure 3.4.

Structure spatiale du réchauffement de surface

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Figure SPM.6 Changements simulés de la température de surface pour la fin du 21ème siècle (2090-2099). La carte montre la moyenne des résultats fournis par l’ensemble des modèles de circulation globale de l’atmosphère et de l’océan pour le scénario A1B du RSSE. Toutes les températures sont exprimées en valeur relative par rapport à la période 1980-1999. figure 3.2

Les études réalisées depuis le 3ème rapport d’évaluation ont permis une compréhension plus systématique de la chronologie et de l’amplitude des conséquences associées aux diverses amplitudes et rythmes des variations du climat. 3.3.1

La figure SPM.7 présente des exemples de ces nouvelles informations pour certains systèmes et secteurs. Le panneau supérieur montre les impacts croissants avec l’augmentation des températures. Leur ordre de grandeur et leur chronologie sont également affectés par la trajectoire de développement (panneau inférieur). 3.3.1, 3.3.2

Exemples d’impacts associés au changement de la température moyenne globale

(les impacts varient selon l’étendue de l’adaptation, la vitesse du changement climatique, et les trajectoires socio-économiques)

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Figure SPM.7. Exemples d’impacts associés au changement de la température moyenne globale. Panneau supérieur : exemples illustratifs d’impacts globaux simulés pour un changement climatique (et la montée du niveau de la mer et le CO2 atmosphérique quand cela se révèle pertinent) associé à différents niveaux d’augmentation de la température globale moyenne de surface au 21ème siècle. Les lignes noires indiquent les impacts ; les flèches en lignes brisées indiquent les impacts qui continuent avec l’augmentation de la température. Les entrées sont placées de façon à ce que le côté gauche du texte indique le niveau approximatif de réchauffement qui est associé avec l’apparition d’un impact donné. Les entrées quantifiées pour la rareté de l’eau et les inondations représentent les impacts supplémentaires du changement climatique dans les conditions projetées par les scénarios RSSE A1FI, A2, B1 et B2. L’adaptation au changement climatique n’est pas prise en compte dans ces estimations. Le niveau de confiances de toutes ces entrées est élevé. Panneau inférieur : Les points et les barres indiquent la meilleure estimation et la gamme probable de réchauffement, estimées pour les 6 scénarios marqueurs RSSE pour 2090-2099 par rapport à 1980-1999 Figure 3.5.

L’ampleur et la chronologie des impacts qui surviendront finalement varieront avec l’amplitude et la vitesse du changement climatique, les voies de développement et l’adaptation. 3.3.1, 3.3.2

Des exemples de certains impacts estimés pour différentes régions sont donnés par le tableau SPM.B.

Tableau SPM.2 : Exemples d’impacts régionaux prévus*

Afrique

• On estime qu’en 2020, entre 75 et 200 millions de personnes seront exposées à un stress hydrique dû au changement climatique ;

• En 2020, dans certains pays, les récoltes de l’agriculture pluviale pourraienest être réduit de 50%. On estime que la production agricole, y compris l’accès à la nourriture, pourrait être sévèrement compromise dans de nombreux pays africains. Cela réduirait la sécurité alimentaire et exacerberait la malnutrition ;

• Vers la fin du 21ème siècle, la montée estimée du niveau de la mer affectera des zones côtières de basse altitude très peuplées. Le coût de l’adaptation pourrait représenter au moins 5-10% du produit intérieur brut (PIB) ;

• En 2080, on prévoit une croissance de 5-8% des terres arides et semi-arides en Afrique pour une large gamme de scénarios climatiques

Asie

• On estime qu’en 2050, la disponibilité en eau douce diminuera dans l’Asie centrale, du sud, de l’est et du sud-est, en particulier dans les grands bassins fluviaux ;

• Les régions côtières, particulièrement les régions des mégadeltas de l’Asie du sud, de l’est et du sud-est, seront soumises à un grand risque d’un accroissement des inondations par la mer et, dans certains mégadeltas de l’inondation par les fleuves ;

• Le changement climatique devrait augmenter la pression sur les ressources naturelles et l’environnement, associé avec une urbanisation rapide, l’industrialisation et le développement économique

• La mortalité et la morbidité endémiques dues aux maladies diarrhéiques associées aux inondations et aux sécheresses devraient augmenter dans l’est, le sud et le sud-est de l’Asie en raison des modifications prévues du cycle hydrologique.

Australie et Nouvelle-Zélande

• Les projections montrent une perte de la biodiversité significative pour 2020 dans certains sites écologiquement riches comprenant la grande barrière de corail et les Tropiques humides de Queensland.

• les simulations montrent que les problèmes de sécurité d’approvisionnement en eau s’aggraveront d’ici à 2030 dans le sud et l’est de l’Australie, en Nouvelle-Zélande, dans le Northland et certaines régions de l’Est.

• Selon les projections pour 2030, la production agricole et forestière va décroître sur une grande partie du sud et de l’est de l’Australie, et sur l’est de la Nouvelle-Zélande, à cause de l’augmentation des sécheresses et feux. Cependant, en Nouvelle-Zélande, les projections montrent initialement des bénéfices dans certaines régions.

• Vers 2050, on anticipe que le développement continuel des zones côtières et l’accroissement de la population dans certaines zones d’Australie et de Nouvelle-Zélande accroîtront les risques liés à l’élévation du niveau de la mer et à l’accroissement de la sévérité et de la fréquence des tempêtes et des inondations côtières.

Europe

• On s’attend à ce que les changements climatiques amplifient les différences entre régions d’Europe en ce qui concerne les biens et ressources naturelles.Les impacts négatifs incluront l’augmentation des risques d’inondation éclair dans l’intérieur des terres, des inondations côtières plus fréquentes, une augmentation de l’érosion (due aux tempêtes et à l’élévation du niveau de la mer).

• Les régions montagneuses seront confrontées au retrait des glaciers, à une réduction de la couverture neigeuse et du tourisme hivernal et à de larges extinctions d’espèces (jusqu’à 60% dans certaines régions en 2080 pour des scénarios d’émissions élevés).

• En Europe du Sud, les changements climatiques devraient aggraver les conditions (hautes températures et sécheresse) dans une région déjà vulnérable à la variabilité climatique, réduire la disponibilité en eau, le potentiel hydroélectrique, le tourisme estival, et en règle générale la productivité des cultures.

• Les projections montrent aussi une augmentation des risques pour la santé liée aux vagues de chaleur ainsi qu’une fréquence accrue de feux de forêt.

Amérique Latine

• D’ici au milieu du siècle, l’augmentation de température et les diminutions associées des quantités d’eau présentes dans les sols mèneront selon les projections au remplacement progressif de la forêt tropicale par la savane en Amazonie orientale. La végétation semi-aride tendra à être remplacée par une végétation de terre aride. Il y a un risque de perte significative de biodiversité par extinction d’espèces dans beaucoup de régions de l’Amérique latine tropicale.

• Il existe un risque de perte significative de biodiversité par extinction d’espèces dans de nombreuses régions tropicales d’Amérique Latine.

• La productivité de certaines cultures importantes diminuera et la productivité du cheptel déclinera, avec des conséquences défavorables pour la sécurité alimentaire. Dans les zones tempérées, on s’attend à l’augmentation de rendement des cultures de soja. Dans l’ensemble, le nombre de personnes confrontées au risque de faim augmentera (TS ; degré de confiance moyen)

• Les projections indiquent que les modifications dans la répartition des précipitations et la disparition des glaciers affecteront significativement la disponibilité de l’eau pour la consommation humaine, l’agriculture et la production d’énergie.

Amérique du Nord

• Dans les montagnes de l’ouest, le réchauffement devrait, d’après les projections, provoquer une décroissance du manteau neigeux, davantage d’inondations hivernales et des débits estivaux réduits, intensifiant la compétition pour des ressources en eau sur- employées.

• Un changement climatique modéré, pendant les premières décennies du siècle, donne une projection pour les rendements agrégés des cultures non irriguées montrant une augmentation de 5 à 20%, mais avec une variabilité importante entre les régions. On s’attend à des difficultés importantes pour les cultures qui sont proches de l’extrémité chaude de la gamme qu’elles tolèrent ou dépendent de ressources en eau très utilisées.

• Les villes qui connaissent actuellement des vagues de chaleur devraient faire face à un accroissement du nombre, de l’intensité et de la durée des vagues de chaleur au cours du siècle, avec un potentiel d’effets néfastes pour la santé.

• Les communautés et habitats littoraux seront soumis à un stress croissant en raison des impacts du changement climatique intéragissant avec le développement et la pollution.

Régions polaires

• les principaux effets biophysiques montrés par les projections sont des réductions de lépaisseur et de l’étendue des glaciers, des inlandsis et de la banquise, ainsi que des changements dans les écosystèmes naturels avec des effets préjudiciables sur beaucoup d’organismes comprenant les oiseaux migrateurs, les mammifères et des hauts prédateurs.

• Pour les communautés humaines arctiques, il y aura à la fois des impacts mitigés, notamment pour ceux qui résultent des modifications relatives aux neiges et aux glaces.

Les effets négatifs concerneraient en particulier l’infrastructure et les modesde vie indigènes traditionnels

• Dans les deux régions polaires, des habitats et écosystèmes spécifiques sont vulnérables, d’après les projections, car les barrières climatiques à l’invasion d’espèces sont réduites.

Petites îles

• La hausse de niveau de la mer devrait aggraver les inondations, l’effet des tempêtes, l’érosion et d’autres risques côtiers, menaçant ainsi l’infrastructure, l’habitat, et les installations qui constituent les moyens de subsistance des communautés insulaires.

• La déterioration des conditions sur les littoraux,à travers par exemple l’érosion des plages et le blanchissement des coraux , devrait affecter les ressources locales ;

• Les changements climatiques réduiront des ressources en eau dans beaucoup de petites îles, par exemple dans les Caraïbes et le pacifique, au point où elles deviennent insuffisantes pour satisfaire la demande pendant les périodes de faibles précipitations.

• Avec l’élévation des températures, on s’attend à des invasions par des espèces d’origine étrangère, particulièrement sur les îles des moyennes et hautes latitudes.

* Sauf mention contraire, toutes ces entrées sont tirées du Résumé pour Décideur (RPD) du Groupe de Travail II, et sont à très haut niveau de confiance ou à haut niveau de confiance, et représentent différents secteurs (agriculture, ecosystèmes, eau, zones côtières, santé, industries et implantations humaines). Le RPD du grouple de travail II mentionne la source de ces entrées, avec les indications temporelles et de température correspondantes. L’amplitude et le rythme des impacts qui vont finalement se réaliser va varier avec l’amplitude et le rythme du changement climatique, les scénarios d’émission, les trajectoires de développement, et l’adaptation.

Certains systèmes, secteurs et régions seront probablement particulièrement affectés par le changement climatique

Systèmes et secteurs : 3.3.4

• écosystèmes particuliers :

o terrestres : toundra, forêt boréale, et régions de montagne à cause de leur sensibilité au réchauffement ; écosystèmes de type méditerranéen, à cause de la diminutions des précipitations ; et forêts tropicales là où les précipitations diminueront

o littoraux : mangroves, marais salés, à cause de stress multiples

o marins : récifs coralliens, à cause de stress multiples et biomes de glace de mer, à cause de leur sensibilité au réchauffement

• ressources en eau dans certaines régions sèches aux moyennes latitudes et dans les régions sèches des tropiques, à cause des changements de précipitations et d’évapotranspiration, et dans les régions dépendantes de la fonte des neiges et de la glace.

• agriculture dans les régions de basses latitudes, à cause de la moindre disponibilité de l’eau

• systèmes côtiers de basse altitude, à cause de la menace de l’élévation du niveau de la mer et le risque accru d’événements météorologiques extrêmes

• santé humaine pour les populations à faible capacité d’adaptation.

Régions : 3.3.4

• l’Arctique, à cause des conséquences de la vitesse élevée du réchauffement simulé sur les systèmes naturels et les communautés humaines

• l’Afrique, en raison de sa faible capacité d’adaptation et des impacts des changements climatiques simulées

• les petites îles, où il y a une exposition forte des populations et des infrastructures aux impacts du changement climatique projeté

• Les méga deltas asiatiques et africains, à cause de la taille des populations et de la forte exposition au niveau de la mer, à l’accroissement des hautes eaux liées aux tempêtes et aux crues des rivières.

Dans d’autres régions, même celles à haut revenu, certaines personnes (comme les pauvres, les jeunes enfants et les personnes âgées) peuvent être particulièrement à risque, ainsi que certaines zones et certaines activités. 3.3.4

Acidification de l’océan

Le captage du carbone anthropique depuis 1750 a conduit à une acidification de l’océan avec une décroissance moyenne du pH de 0,1 unité. L’accroissement des concentrations atmosphériques de CO2 conduit à une acidification accrue. Les simulations fondées sur les scénarios du RSSE projètent une réduction du pH global de surface de l’océan entre 0,14 et 0,35 unités au cours du 21ème siècle. Alors que les effets de l’acidification de l’océan sur la biosphère marine n’ont pas encore été étudiés, l’acidification progressive de l’océan devrait avoir conséquences néfastes sur les organismes marins à coquille (par exemple les coraux) et les espèces qui en dépendent. 3.3.1

On s’attend à ce que les changements de la fréquence et de l’intensité des extrêmes météorologiques, ainsi que la montée du niveau de la mer, aient des effets principalement négatifs sur les système naturels et humains. 3.3.3

Des exemples d’extrêmes et de secteurs sont donné dans le tableau SPM.3 tableau 3.2

Tableau SPM.3. Exemples d’impacts possibles du changement climatique en raison de changements des événements météorologiques et climatiques extremes, selon les projections pour le milieu et la fin du 21ème siècle. Ils ne prennent pas en compte les changements ou le développement de la capacité d’adaptation. Les exemples dans chaque entrée peuvent être trouvés dans les chapitres du Rapport complet (voir la source au sommet des colonnes). Les estimations de vraisemblance de la colonne 2 font référence aux phénomènes listés dans la première colonne.

Phénomènes et

direction des

tendancesa [WGI

SPM ]

 

Probabilité des tendances futures basée sur les projections pour le 21ème siècle utilisant les scénarios SRES

[ WGI SPM ]

 

Exemples d’impacts majeurs projetés par secteur

 

 

 

Agriculture,

sylviculture et

écosystèmes

Ressources en eau

 

Santé humaine

 

Industrie/habitat/ Société

Des journées et des nuits froides plus chaudes et en diminution ; des journées et nuits chaudes plus fréquentes sur la plupart des régions terrestres.

 

Pratiquement certainb

 

Rendements accrus dans des régions froides ; rendements diminués dans des régions chaudes ; Envahissement d’insectes plus fréquentes

 

Effets sur les ressources en eau dépendant de la fonte de la neige ;

accroissement du taux d’évapotranspiration

 

Mortalité humaine réduite suite à une diminution d’exposition au froid

 

Demande énergétique réduite pour le chauffage ;

demande accrue de refroidissement ; qualité de l’air en déclin dans les villes ; perturbations du

trafic reliées à la neige et la glace réduite ; effets sur

le tourisme d’hiver

Canicules/vagues de chaleur : augmentation de fréquence sur la plupart des régions terrestres

 

Très probable

 

Rendements réduits

dans des régions chaudes dus au stress de chaleur ;

augmentation du danger du feu de forêt

 

Besoins d’approvisionnement en eau accrus ; problèmes de qualité de l’eau, par exemple, floraisons d’algues

 

Plus grand risque de mortalité liée à la chaleur, particulièrement pour les personnes âgées,

les malades chroniques, les

personnes très jeunes et celles isolées socialement

Réduction de la qualité de la vie pour les personnes vivant dans les régions chaudes sans logement approprié ; impacts sur les personnes âgées, très jeunes ou sans moyens

Événements de fortes précipitation : augmentations de fréquence sur la plupart des régions

 

Très probable

 

Dommages aux

cultures ; érosion du sol, incapacité de cultiver la terre due à l’infiltration d’eau

dans les sols

 

Effets nuisibles sur la qualité d’eau de

surface et des eaux

souterraines ; contamination d’approvisionnement

en eau ; pénurie d’eau peut être diminuée

 

Plus grand risque de décès, d’accidents, de maladies infectieuses des voies de respiratoires et de la peau, désordres

traumatiques liés au stress

Perturbations des

agglomérations, du commerce, du transport et des sociétés dues à

l’inondation ; pressions sur les infrastructures urbaines et rurales

Régions touchés par la sécheresse : en augmentation

 

Probable

 

Dégradation de la

terre cultivable, diminution des

rendements/dommages et pertes de récoltes ; décès accrus du bétail ; plus grand risque de feux de forêts

 

Stress hydrique plus

répandu

 

Plus grand risque de pénurie alimentaire et d’eau ; plus grand risque de

malnutrition ; plus grand risque de propagation des

maladies liés à l’eau et la nourriture

Pénuries d’eau pour les agglomérations, l’industrie et les sociétés ; potentiels de génération d’hydroélectricité réduits ; potentiels pour la migration de populations

 

Augmentation de la activité de cyclones tropicaux intenses

 

Probable

 

Dommages aux récoltes ; chablis (arbres déracinés) ; dégâts aux récifs coralliens

 

Pannes de courant,

qui causent des ruptures d’approvisionnement en eau

 

Plus grand risque de décès et de blessés, de propagation de maladies reliés aux aliments et à l’eau ; stress post traumatiques

 

Perturbation par

inondation et les vents forts ; retrait de couverture de risque par les assurances privés dans les secteurs vulnérables, migrations de population potentielles

Augmentation des la fréquence d’élévation

extrême du niveau de la mer (exclut les tsunamis)c

 

Probabled

 

Salinisation des eaux

d’irrigation des estuaires et des systèmes d’eau douce

 

Disponibilité d’eau

douce diminuée due à l’intrusion d’eau de

mer

 

Plus grand risque de décès et d’accidents par la noyade dans les inondations ; effets sur la santé liés à la migration

 

Coûts de protection côtière versus coûts de relocalisation d’occupation

de sols ; potentiel pour des mouvements de

populations et d’infrastructures ; voir aussi les cyclones tropiques ci-dessus

 

Note : a Pour les définitions, voir Quatrième Rapport d’Evaluation du groupe de travail I, table 3.7 b Réchauffement des jours et des nuits les plus extrêmes chaque année c Les extrêmes de niveau de la mer dépendent du niveau de la mer moyen et des systèmes météorologiques régionaux. Ils sont définis comme les 1% les plus élevés des valeurs horaires du niveau observé de la mer à une station pour une période de référence donnée. d Dans tous les scénarios, le niveau moyen global de la mer projeté en 2100 est plus élevés que dans la période de référence [ WGI 10.6]. L’effet des changements météorologiques régionaux sur le niveau maximum des eaux n’a pas été évalué.

Le réchauffement et la montée du niveau de la mer anthropiques se poursuivraient pendant des siècles à cause des constantes de temps associées aux processus climatiques et aux rétroactions, même si les concentrations de GES devaient être stabilisées. 3.2.3

Le réchauffement estimé à long terme (plusieurs siècles) correspondant aux six catégories de stabilisation du group III du 4ème rapport est présenté dans la figure SPM.8

Réchauffement de long-terme estimé, par rapport à 1980-1999 pour les catégories de stabilisation du Quatrième Rapport.

Changement de température globale par rapport à 1980-1999

(JPG)

Figure SPM.8 : Réchauffement de long-terme estimé (plusieurs siècles) correspondant aux 6 catégories de stabilisation du Groupe de Travail III du Quatrième Rapport (Table SPM.3). L’échelle de température a été décalée de -0.5°C comparée à la Table SPM.3 pour prendre en compte de manière approximative le réchauffement entre l’époque pré-industrielle et 1980-1999. Pour la plupart des niveaux de stabilisation la température globale moyenne approche son équilibre après quelques siècles. Pour les scénarios d’émission qui conduisent à une stabilisation d’ici à 2100 à des niveaux comparables aux scénarios RSSE B1 et A1B (600 et 850 CO2-eq ppm, categories IV et V), les simulations de modèles montrent que, au moment de la stabilisation, serait réalisé de 65 et 70% du réchauffement total à l’équilibre (en supposant une sensibilité climatique de 3°C) (WGI, 10.7.2). Pour les scénarios de stabilisation aux niveaux les plus faibles (catégories I et II), la température d’équilibre pourrait être atteinte plus tôt (Figure SPM.11).

La contraction de la calotte glaciaire du Groenland continuera, d’après les simulations, à contribuer la montée du niveau de la mer après 2100. Les modèles actuels suggèrent une élimination complète potentielle de la calotte glaciaire de Groenland et une contribution résultante à la montée du niveau de la mer de 7 m environ, si le changement climatique mondial devait se maintenir pendant des millénaires à des valeurs supérieures de 1,9 à 4,6°C aux valeurs préindustrielles. Au Groenland, les températures futures correspondantes sont comparables à celles qui sont inférées pour la dernière période interglaciaire, il y a 125 millions d’années, pour laquelle les informations paléoclimatiques suggèrent des réductions de la couverture glaciaire des terres polaires et une augmentation du niveau de la mer de 4 à 6 m. 3.2.3

Dans les simulations globales actuelles, la calotte antarctique reste trop froide pour connaître une large fonte de sa surface et sa masse augmente en raison de l’accroissement des chutes de neige. Cependant, la masse totale de glace pourrait décroître si les décharges dynamiques de glace sont prépondérantes dans l’équilibre de la masse de la calotte. 3.2.3

Le réchauffement anthropique pourrait mener à des impacts abruptes ou irréversibles, selon le rythme et l’amplitude du changement de climat 3.4.

La disparition partielle des inlandsis polaires pourrait entraîner plusieurs mètres d’augmentation du niveau de la mer, des changements majeurs dans les lignes de côte, et l’inondation de zones de basse altitude, avec les plus importants effets dans les deltas des fleuves et les îles de basse altitude. De tels changements sont attendus sur des échelles de temps de l’ordre de milliers d’années, mais une montée plus rapide du niveau de la mer à l’échelle de plusieurs siècles ne peut être exclue. 3.4

Le changement climatique conduira probablement à certains impacts irréversibles. Environ 20-30% des espèces étudiées jusqu’à aujourd’hui seraient soumises à un risque accru d’extinction si le réchauffement mondial dépassait 1,5 à 2,5°C (par rapport à la valeur en 1980-1990) (confiance moyenne). Si l’accroissement de la température moyenne mondiale dépasse 3,5°C, les modélisations suggèrent des extinctions significatives (de 40 à 70% des espèces évaluées) sur l’ensemble du globe. 3.4

D’après les simulations des modèles actuels, la circulation thermohaline de l’Océan atlantique ralentira très probablement au cours du 21ème siècle, mais les températures dans l’Atlantique et en Europe devraient néanmoins croître. Il est très improbable que cette circulation connaisse une transition abrupte au cours du 21ème siècle. Des changements à plus long terme de cette circulation thermohaline ne peuvent être évalués avec confiance. Les impacts des changements de grande échelle et persistant dans cette circulation comprendront probablement des changements dans la productivité des écosystèmes marins, les pêches, l’absorption du CO2 par l’océan, les concentrations en oxygène dans l’océan et la végétation terrestre. Des modifications de la capacité des terres et des océans à absorber le CO2 peuvent introduire des boucles de rétroaction dans le système climatique. 3.4


Publication originale www.effet-de-serre.gouv.fr

La synbthèse du rapport du GIEC en VO



[1] Les références en italique dans ce résumé à l’intention des décideurs renvoient aux sections, tableaux et figures du rapport in extenso de ce rapport de synthèse.

[2] Les nombres entre crochets indiquent un intervalle d’incertitude de 90 % autour de la valeur la plus probable, c’est-à-dire qu’on estime à 5% la probabilité que la valeur soit au-dessus de la fourchette donnée entre crochets et à 5% la probabilité qu’elle soit en dessous. La fourchette d’incertitude n’est pas nécessairement symétrique autour de la valeur la plus probable.

[3] Les expressions probablement, très probablement, confiance moyenne, grande confiance, très grande confiance, etc... reflètent des expressions normalisées de l’incertitude et de la confiance.

[4] En excluant les tsunamis qui ne sont pas dus au changement climatique. Une valeur élevée extrême du niveau de la mer dépend du niveau moyen de la mer et des systèmes météorologiques régionaux. Elle est définie ici comme la valeur horaire la plus forte du niveau de la mer observée pendant 1% du temps dans une station pendant une période donnée de référence.

[5] Seuls sont inclus CO2, CH4, N2O, les HFC, les PFC et les SF6 dont les émissions sont couvertes par la CCNUCC. Ces émissions sont pondérées par leur potentiel de réchauffement global sur 100 ans, en utilisant des facteurs cohérents avec ceux des rapports faits dans le cadre de la CCNUCC.


Référence
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1448
 
 
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