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Mis à Jour le : 8 décembre 2007  18:50
En Europe, la part des revenus du travail dans le PIB a perdu 12% depuis 1975
8 décembre 2007

Le rapport sur l’emploi publié par la Commission Européenne montre que la part des revenus du travail dans la richesse nationale est passée de 69,9% en 1975 à 57,8% en 2008. Après ce déclin marqué, la part du gateau allouée aux salariés est désormais inférieure à ce qu’elle était en 1960. A la grande question du jour, pourquoi la France manque-t-elle de pouvoir d’achat ? La commission nous donne la réponse : les salaires distribués ont baissé.

L’étude de la Commission consacre un chapitre à l’étude de la part des revenus alloués au travail, comparée au Produit Interieur Brut.

En d’autre terme, il s’agit de mesurer la part revenant au travail dans la richesse produite, c’est à dire le partage du gateau entre capital et travail.

« Après s’être accrue durant les années 1960 et la première moitié des années 1970, avec un pic à 69,9% en 1975, la part du revenu du travail a entamé un déclin graduel et atteint un point bas à 57,8%. » (page 241)

 

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« Dans l’Europe des quinze, la période 1960-1980 est caractérisée par l’augmentation régulière de la part des revenus du travail dans la plupart des pays de la zone, tandis que la période de 1981 à 2006 est caractérisée par un déclin de cet indicateur.

En comparant les deux périodes, il est frappant de constater que dans la période 1981 - 2006, le salaire réel (mesuré en unités de production) montre un taux de croissance moyenne négative (ndlr : une baisse, en français) pour tous les états membres à l’exception du Portugal, indiquant que durant cette période la croissance des salaires réels ne s’est pas maintenue en comparaison du progrès technologique.

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La croissance négative la plus forte (ndlr : diafoirus ! ) est enregistrée en Irlande, ou le salaire réel (mesuré en unité de production) a décru à un taux annuel de 2,62%. » (page 246)

La dimunition du salaire réel en unité de production, en français, cela signifie que pour une heure de revenu de son travail, le salarié peut acheter un nombre de moins en moins grand des produits qu’ils crée.

Donc il s’appauvrit.

L’influence de la qualification

Si le volume agrégé, total, de revenu a décru, leur distribution a connu une évolution très différente en fonction du niveau de qualification.

Les grands perdants sont les travailleurs non qualifiés.

« Il y a eu un changement important dans la composition de la facture (sic) des salaires, avec la part des travailleurs peu qualifiés montrant un déclin marqué, et la part des travailleurs hautement qualifiés une élévation régulière. » (page 247)

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Evolution relative de la part des revenu selon la qualification.

La chute vertigineuse de la part distribuée aux travailleurs peu qualifiés montre clairement combien les inégalités se sont accrues durant ces 20 dernières années, et à quel point ces travailleurs ont payé au prix fort les conséquences de la mondialisation en étant réduits à la portion congrue.

Comme le note Jean Luc Gréau, les salaires décents des travailleurs de l’industrie ont été remplacés par des emplois à bas prix.

Le document se conclut en évoquant les conséquences de ces évolutions qui posent les questions de « l’équité, de l’efficacité économique et également de la stabilité au niveau macro-économique. »

En effet, avec 12 points d’appauvrissement pour les salariés de l’Europe des quinze et 10% pour la France, c’est à dire 180 milliards, il y a de quoi s’inquièter.

Car c’est la cohésion de nos sociétés qui est menacée par ce détricotage, et cette pente descendante.


Contre Info, avec le Rapport sur l’emploi 2007 de la Commission Européenne


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Référence
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1487
 
 
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