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Mis à Jour le : 15 janvier 2008  11:25
Economie de l’endettement : L’Amérique continue de vivre à crédit
15 janvier 2008

Aux USA, la période des achats précédant les fêtes a été médiocre, et pourtant l’endettement continue de croitre à un rythme soutenu. Crédits revolving des cartes bancaires et hypothèques sont repartis à la hausse fin 2007, signalant que les ménages américains ont de plus en plus de mal à boucler leurs fins de mois.

Par Floyd Norris, New York Times, 12 janvier 2008

Le volume des crédits revolving de cartes bancaires progresse à un rythme jamais observé depuis des années, ce qui pourrait entraîner de nouvelles difficultés pour les banques qui les ont accordés.

La Réserve Fédérale a annoncé cette semaine que le montant des crédits revolving accordés aux consommateurs atteignait 937,5 milliards de dollars en novembre, en données corrigées des variations saisonnières, chiffre en progression de 7,4% sur un an.

Le taux de croissance s’établit à 7% pour les trois derniers mois, pour la première fois depuis 2001, alors que la récession poussait les consommateurs à s’endetter.

Cette augmentation des crédits à la consommation s’accompagne d’un accroissement graduel du taux d’impayés, qui était assez bas jusqu’à présent. Elle pourrait refléter le fait qu’il devient plus difficile pour les ménages d’emprunter en gageant la valeur de leur domicile, à la fois parce que les prix de l’immobilier ont baissé dans de nombreuses régions et parce que les conditions d’accès aux crédits sur hypothéques ont été durcies.

« Nous pensons que les performances des cartes de crédit vont se détériorer significativement cette année, » écrit l’agence de notation Fitch Rating dans une étude publiée cette semaine, « en raison des retombées des problèmes des crédits immobiliers, du ralentissement de l’économie et de l’augmentation du niveau de chômage. »

Capital One, l’un des principaux établissements de cartes crédit, a averti que ses profits seraient inférieurs aux prévisions, en partie à cause de l’augmentation du taux des impayés.

La hausse de l’en cours des crédits revolving peut accompagner une activité économique forte, lorsque des consommateurs confiants dépensent plus, mais elle peut aussi signifier l’inverse, lorsque les ménages peinent à régler leurs factures. Le fait que les chiffres de novembre correspondent à une période d’achats avant les fêtes ou l’activité a été assez faible, pourrait indiquer que nous sommes dans le deuxième cas de figure.

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Variation du niveau annuel des en cours de crédit revolving et des hypothèques (Home Equity Loans)

Les graphiques ont été établis à partir de données corrigées des variations saisonnières, tenant compte du fait que le niveau de crédit croît en novembre et décembre dans la période d’achat précédant les fêtes, puis baisse en janvier février. Une augmentation des crédits inférieure à la moyenne en décembre semble prévisible, tenant compte des mauvais chiffres des ventes au détail.

Mais si l’augmentation du volume de l’en cours de crédit conserve le niveau habituel, cela signifiera que les consommateurs ont eu du mal à finir leur mois.

Le renversement de tendance observé sur les crédits gagés sur les biens immobiliers pourrait également signaler des difficultés éprouvées par les ménages. Durant le printemps, lorsque les conditions d’accès aux prêts se sont durcies, le volume de ces crédits a diminué, et les crédits revolving se sont accrus. Ceci qui peut indiquer que les consommateurs se sont retournés vers les crédits de leurs cartes de paiement lorsque les nouveaux emprunts sur hypothèque ont été refusés.

Mais le volume de ces emprunts adossés à l’immobilier a atteint son point le plus bas en avril, puis a augmenté de 5% sur les six derniers mois.

Cette tendance peut sans doute s’expliquer en raison des mécanismes de ces financements, qui sont alloués sous la forme de lignes de crédit d’un montant maximum pré-déterminé. Il semble vraisemblable que l’augmentation observée soit due au fait que les consommateurs aient tiré des fonds supplémentaires sur des lignes de crédit pré-existantes, et non pas à l’octroi de nouveaux crédits.

Les chiffres des ventes de la période précédant les fêtes montrent que les ménages ont restreint leurs dépenses fin 2007. Mais les statistiques du crédit semblent indiquer qu’ils ont tout de même accru leur endettement. Ce n’est pas bon signe en ce début d’année 2008.


Publication originale New York Times, traduction Contre Info

Référence
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1578
 
 
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