Durant la période 1970-2000, le niveau de CO2 dans l’atmosphère augmentait en moyenne de 1,5 partie par millions chaque année. En 2007, cette valeur a atteint 2,14 ppm, indiquent les scientifiques de l’observatoire d’Hawaï de la NOAA.
Par David Adam, The Guardian, 12 mai 2008
La concentration de dioxyde de carbone dans l’atmosphère a atteint un niveau record. C’est ce qu’indiquent de nouvelles mesures effectuées par la NOAA qui viennent renforcer les inquiétudes sur l’éventualité d’une évolution incontrôlable du changement climatique.
Les scientifiques de l’observatoire de Mauna Loa, à Hawaï constatent que le niveau de CO2 dans l’atmosphère est désormais de 387 parties par million (ppm), en hausse de près de 40% depuis le début de la révolution industrielle. C’est la valeur la plus élevée jamais atteinte depuis 650 000 ans au moins.
Les chiffres publiés par la US National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) sur son site Web, confirment également que le dioxyde de carbone, le principal gaz à effet de serre, s’accumule dans l’atmosphère plus rapidement que prévu. La moyenne annuelle du taux de croissance pour 2007 est de 2,14 ppm. C’est la quatrième fois au cours des six dernières années que la hausse annuelle excède 2 ppm. De 1970 à 2000, l’augmentation était d’environ 1.5ppm chaque année, mais depuis 2000, les valeurs enregistrées sont en moyenne de 2.1 ppm.
Les scientifiques estiment que cette accélération pourrait indiquer que la Terre est en train de perdre sa capacité naturelle à absorber les milliards de tonnes de carbone répandues dans l’atmosphère chaque année. Les modèles climatiques prennent pour hypothèse que la moitié environ de nos émissions futures de CO2 seraient absorbées par les forêts et les océans, mais ces nouveaux chiffres confirment que cette estimation pourrait être trop optimiste. Si une plus grande quantité des émissions de CO2 reste dans l’atmosphère, cela implique que cette pollution devra être réduite plus drastiquement que ce qui est prévu actuellement, afin d’éviter que réchauffement de la planète n’atteigne un niveau dangereux.
Martin Parry, qui co-préside le « groupe de travail sur les impacts » du GIEC, le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat, déclare : « Malgré tous les discours, la situation s’aggrave. Les niveaux de gaz à effet de serre continuent d’augmenter dans l’atmosphère et le taux d’augmentation s’accélère. Nous voyons déjà les effets des changements climatiques et l’ampleur de ces impacts accélèrera également, jusqu’à ce que nous nous décidions à faire quelque chose. »

Données observées à Mauna Loa, Hawaï
Année - augmentation annuelle (ppm)
1959 0.94
1960 0.50
1961 0.98
1962 0.62
1963 0.73
1964 0.25
1965 1.02
1966 1.25
1967 0.70
1968 1.06
1969 1.33
1970 0.98
1971 0.88
1972 1.72
1973 1.17
1974 0.82
1975 1.10
1976 0.90
1977 2.08
1978 1.33
1979 1.61
1980 1.84
1981 1.41
1982 0.71
1983 2.18
1984 1.39
1985 1.23
1986 1.51
1987 2.30
1988 2.14
1989 1.24
1990 1.32
1991 1.00
1992 0.49
1993 1.26
1994 1.96
1995 1.98
1996 1.19
1997 1.93
1998 3.00
1999 0.88
2000 1.73
2001 1.63
2002 2.55
2003 2.31
2004 1.54
2005 2.53
2006 1.72
2007 2.14

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