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Environnement Climat
Mis à Jour le : 17 octobre 2008  14:46
2007, l’année des records de température en Arctique
17 octobre 2008

La publication de l’édition 2008 de l’ « Arctic Report Card » récapitule les observations sur le réchauffement constaté en 2007. L’augmentation des températures de l’eau, de l’air - jusqu’à 5° - des terres, l’ampleur de la fonte de la banquise et des glaciers, font de 2007 une année exceptionnelle à plus d’un titre.

Par Randolph Schmid, Physorg, 16 octobre 2008

« La planète est évidemment un ensemble interconnecté, donc ce qui se passe en Arctique a un impact » pour le reste du monde, a averti Jackie Richter-Menge, membre du Laboratoire de Recherche et d’Ingénierie pour les Régions Froides, lors de la présentation du troisième « Arctic Report Card ».

Ce rapport, établi par 46 chercheurs en provenance de 10 pays, rassemble les observations et mesures diverses effectuées en Arctique.

Depuis longtemps déjà les chercheurs s’attendaient à ce que cette région soit l’une des premières où se manifesteraient les effets du réchauffement de la planète, que le GIEC attribue pour une grande part à l’action de l’homme qui libère dans l’atmosphère du CO2 et d’autres gaz à effets de serre.

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Anomalies de la température de l’eau (surface)

« Les changements dans l’Arctique montrent un effet domino aux causes multiples, et ce plus clairement que dans d’autres régions », déclare James Overland, un océanographe de la NOAA. « C’est un système sensible qui reflète souvent les changements de façon relativement rapide et spectaculaire. »

Durant l’automne la température de l’air dans l’Arctique a atteint un niveau record de 5 degrés Celsius au-dessus de la normale.

Le rapport rappelle que 2007 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée en Arctique, provoquant une fonte record de la banquise. Cette année, la fonte des glaces vient en deuxième position après 2007.

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Anomalies de la température moyenne sur l’ensemble de l’Arctique

La hausse des températures contribue à la fonte des glaces, et les eaux libres absorbent une plus grande quantité d’énergie solaire. Ce réchauffement de l’air et de l’océan a un impact sur les terres, affecte la vie marine, et il induit une diminution des glaces hivernales.

L’étude a également noté une tendance au réchauffement sur les terres de l’Arctique et une augmentation de la végétation avec des arbustes qui remonte vers le nord, dans des zones qui étaient auparavant du pergélisol.

Si le réchauffement se poursuit, il le fait à une vitesse moindre que dans les années 1990 en raison de la variabilité naturelle, indiquent les chercheurs.

Le réchauffement climatique se superpose à des cycles naturels de réchauffement et de refroidissement, et une phase chaude durant les années 1990 est venue ajouter à l’élévation de la température due aux gaz à effet de serre. Aujourd’hui, avec une phase plus froide dans certaines régions, la hausse des températures a ralenti, mais M. Overland dit qu’il s’attend a ce qu’elle accélère à nouveau lors du retour du prochain cycle naturel de réchauffement.

Interrogé sur l’effet d’une augmentation du rayonnement solaire sur le climat de la Terre, Jason Boîte du Byrd Polar Research Center, estime que bien que cette cause soit importante, une augmentation du rayonnement solaire ne compte que pour environ 10% dans le réchauffement de la planète.

« On ne peut pas mettre en avant l’énergie solaire pour affirmer que les gaz à effet de serre ne sont pas un facteur important », précise M. Overland.

Parmi les conclusions du rapport :

-  L’océan Arctique a continué à se réchauffer et l’eau à s’adoucir en raison de la fonte de glace. Cela s’est accompagné d’une élévation du niveau de la mer à la vitesse « sans précédent » de près de 2,5 millimètres par an.

-  Le réchauffement s’est poursuivi au Groenland en 2007, provoquant une fonte de glace d’une quantité record. La calotte glaciaire du Groenland a perdu 100 kilomètres cubes, ce qui en fait l’un des plus gros contributeurs à l’élévation du niveau des mers.

-  Les troupeaux de rennes qui étaient en augmentation depuis les années 1970 montrent maintenant des signes de stabilisation ou une amorce de déclin.

-  Les populations d’oies sauvages sont en augmentation et s’installent en Arctique.

-  Les données sur les mammifères marins sont limitées, mais il semble que l’on ait à faire à des tendances contradictoires. S’il y a des inquiétudes en raison du faible nombre d’ours polaires observé dans certaines régions, la situation de nombreux groupes de morses est inconnue. Concernant les baleines, certaines espèces sont en augmentation et d’autres régressent.

« C’est un système très complexe et nous travaillons d’arrache pied pour découvrir ses mystères », déclare Richter-Menge.

Sur le web :

Arctic Report Card 2008

Index

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Atmosphère

Autumn temperatures are at a record 5º C above normal, due to the major loss of sea ice in recent years which allows more solar heating of the ocean. Winter and springtime temperatures remain relatively warm over the entire Arctic, in contrast to the 20th century and consistent with an emerging global warming influence.

The year 2007 was the warmest on record for the Arctic, continuing a general, Arctic-wide warming trend that began in the mid-1960s

Océan

In general, the Arctic Ocean continued to warm and freshen in 2007 under the influence of unusual atmospheric forcing and continued dramatic sea ice melt. These changes were accompanied by an unprecedented rate of sea level rise.

Terres émergées

Land-based observations, while widely ranging, reflect the effects of a general warming trend. For instance, there was an increase in the relative greenness of the Arctic region, consistent with warming soil and air temperatures, earlier snow melt, and the expansion of shrubs and tree line to the north. Permafrost continues to warm, however the rate of warming in the 2000s is significantly slower than in the 1990s. There is a continued tendency for a decrease in the snow cover of the Northern Hemisphere in the months of April through October. Glaciers are shrinking in most of the world. The amount of river discharge to the Arctic Ocean is increasing.

Groenland

Warming has continued around Greenland in 2007, culminating in record setting (since 1970s) melt area and amplified absorption of solar radiation. Greenland’s largest glacier, among a majority of others, continued its retreat. The ice sheet lost at least 100 cubic km (24 cubic miles) of ice, making it one of the largest single contributors to global sea level rise.

Banquise

The continued significant reduction in the extent of the summer sea ice cover is a dramatic illustration of the pronounced impact increased global temperatures are having on the Arctic regions. There has also been a significant reduction in the relative amount of older, thicker ice.


Publication originale Physorg, traduction Contre Info


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Référence
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2260
 
 
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