International Israel/Palestine
Mis à Jour le : 17 janvier 2009  14:32
Cisjordanie : A qui appartient cette terre ?
17 janvier 2009

Voici une scène qui en d’autres temps, magnifiée et embellie par la tradition orale gardienne du souvenir, aurait pu, de par sa force symbolique bouleversante, entrer dans le corpus des hauts faits, légendes et mythes fondateurs collationnés par les livres bibliques. Nous sommes à Daharya, village proche d’Hebron. Comme dans l’ensemble de la Cisjordanie, les déplacements des habitants y sont rendus impossibles par les points de contrôle de l’armée, les routes réservées aux colons ou tout simplement bloquées par des obstacles. Excédés de devoir faire de longs détours, les villageois se sont rassemblés et encouragent les jeunes hommes qui entreprennent de déplacer à la seule force de leurs bras réunis les énormes blocs de pierre qui obstruent le passage. Surgit une patrouille de l’armée israélienne qui tente de disperser la foule. Un homme sort alors des rangs et s’adresse aux soldats pour désamorcer la tension naissante. Shalom ! leur dit-il, en les assurant que ses intentions sont pacifiques. Puis, peu à peu, saisi par l’émotion, il se lance dans un long et poétique plaidoyer, apostrophant des soldats décontenancés. Pourquoi venez-vous ici ? Pourquoi ne nous laissez vous pas vivre en paix ? Cette terre est arabe, ces pierres, cette poussière, ces arbres sont arabes depuis des temps immémoriaux...

Contre Info, 17 janvier 2009

Cette épopée villageoise de Daharya résume à elle seule ce conflit dramatique dont la terre est l’enjeu. Les palestiniens, qui ont pourtant dans leur grande majorité fait le deuil des territoires perdus en 1948, n’accepteront pas à juste titre de transiger plus avant. La Cisjordanie est leur, elle leur appartient, et rien ni personne ne brisera leur détermination à retrouver la liberté sur cette terre. Au coeur de cet affrontement qui n’a que trop duré, il y a bien cette volonté d’Israël de poursuivre son expansion territoriale au mépris des lois internationales, mais plus encore dans le déni de cette réalité : les palestiniens veulent la paix, mais pas au prix de l’abandon de leurs droits. A l’immense et douloureuse concession que constitue pour eux l’acceptation de la Nakba comme un fait accompli, Israël doit avoir le courage de répondre par cet autre sacrifice : l’abandon du rêve sioniste d’un Eretz Israël. Et comprendre que c’en est fini du règne de l’épée et du temps des conquêtes. La paix est là et son chiffre s’écrit ainsi : 1967.

Daharya le 5 mars 2007

Tout est bloqué. Tous les accès aux villages entre ici et Hebron, ils sont tous fermés. Si quelqu’un est malade, s’il lui arrive quelque chose, et qu’il doive se rendre à l’hôpital, il doit parcourir 20 ou 30 km supplémentaires. Les véhicules arabes ne sont pas autorisés à emprunter cette route, seuls les israéliens y sont autorisés.

Pourquoi ?

A cause de ces colons. Ils ont fermé le passage pour dix villages à cause de quelques colons dans cette colonie. Au lieu d’être voisins, nous aidant les uns les autres, ils ont séparés tous les villages.

Pour atteindre cette maison, je dois parcourir 30 km, au lieu de m’y rendre en 2 minutes, je dois conduire durant 30 km de plus pour aller à cette maison.

Et nous subissons cela depuis 7 ans déjà. Depuis 7 ans. Et personne ne s’en soucie, personne ne s’y intéresse.

.....

Tout cela c’est pour la paix... Salam ! Shalom !

Pourquoi créez vous des problèmes ? Pourquoi les routes ont-elles fermées ?

Pourquoi fermez-vous les routes ?

Pourquoi bloquez-vous les gens ?

Vous voulez la paix ? Vous nous terrorisez ! Vous ne voulez pas la paix !

Nous voulons la paix.

Vous voulez la guerre et nous voulons la paix ! Pourquoi ? Pourquoi ?

Pourquoi vous nous tirez dessus ? Pourquoi vous nous terrorisez ?

Vous avez fermé les routes et créé des difficultés aux gens.

Depuis l’époque de mon grand père, de ma grand mère, nous passions par ici, depuis des milliers d’années.

Je parle arabe ! Ces pierres parlent arabe ! Comme nos pierres et nos arbres, je parle arabe.

Je connais l’anglais, l’italien, l’hébreu, mais je parle arabe. Tout est arabe ici ! La terre est arabe ! Les pierres sont arabes, la poussière est arabe ! La tombe d’Abraham est arabe ! Al Aqsa est arabe.

Vous êtes hébreux, vous venez ici avec un fusil pour tirer sur les gens. Nous vivons pacifiques.

Pourquoi restez-vous parmi nous ? Vous nous cherchez des ennuis ?

Allez les enfants, allons nous en.

Référence
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2503
 
 
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