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Mis à Jour le : 7 février 2009  11:38
Courrier : Le mondialisme, entropie accélérée, par Renaud Laillier
7 février 2009

La violence de la crise fait resurgir la « tentation protectionniste » dans de nombreux pays, à commencer par les USA. Les économistes y sont tous opposés et mettent en garde contre cette solution qui, disent-ils, avait aggravé la crise dans les années 1930. Mais n’y a-t-il pas un abus de langage dans le fait de stigmatiser de ce terme à connotation fortement négative tout effort visant à protéger la cohérence des sociétés en définissant des règles gouvernant l’interaction avec le monde extérieur ? Renand Laillier suggère de s’ inspirer du modèle du vivant pour penser cette contradiction.

Par Renaud Laillier, 7 février 2009

Lorsque le terme apparaît sous leur plume, on ne sait jamais exactement ce à quoi « pensent » les libéraux quand ils revendiquent d’agir « mondialement ». Mais avec la crise, on a vu de quoi il retournait...

Cela devrait servir de leçon. Pour autant, il ne s’agit pas d’ériger le protectionnisme en un nouveau principe d’autorité. Les pays peuvent parfaitement pratiquer un protectionnisme implicite sans que cela ne se traduise par des entraves.

Le paradigme de la cellule biologique et de son fonctionnement fournit le modèle du vivant qui devrait le mieux convenir à tous les pays et espaces économiques. Il faut une paroi (alias une frontière) pour que la cellule puisse vivre et se développer avec tous les moyens nécessaires. Ce sont les parois qui aident le mieux à respirer et échanger et non leur absence comme on tente de nous le fait croire faussement.

La globalisation telle qu’elle est pratiquée nous entraîne partout à la ruine en faisant en sorte d’abolir ces « parois », que certains milieux dirigeants mondialistes qualifient d’obsolètes et d’obstacles désormais inutiles. Ce qu’elles ne sont sûrement pas.

Le modèle biologique naturel indique l’inverse. Cette absence de « peau » détruit de l’intérieur les défenses immunitaires saines des sociétés ainsi exposées à tous les flux, sans proportion ni contrôles aucun ou presque. Avec pour résultat un nivellement par le bas des énergies créatrices et l’accélération de l’entropie sur les plans économiques, sociaux, financiers, culturels et de civilisation et, bien sûr, environnementaux et de l’écosystème.

D’ailleurs, la préservation de l’environnement implique, de toutes façons, un protectionnisme minimum. Il faut préserver les structures, comme on préserve les maîtres-murs, les serrures et les huis en architecture. Ceci est valable pour les États-Unis, dont l’emprise sur le monde doit cesser, tout comme pour chaque nation du monde.

C’est ainsi que le vrai progrès avancera. C’est aussi et surtout de cette façon que sera assuré le progrès que chacun peut espérer à son échelle : en renforçant toutes les sociétés, en retenant et développant localement le maximum de créativité et donc de richesses.

Le mondialisme, c’est l’entropie accélérée.  

Référence
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2556
 
 
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