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Mis à Jour le : 23 octobre 2009  14:50
23 millions de personnes menacées par la faim en Afrique de l’est
23 octobre 2009

La sécheresse qui dure depuis quatre ans en Afrique orientale - la pire depuis plus de 10 ans - a poussé 23 millions de personnes au bord de la famine. Près de quatre millions de personnes sont en danger au Kenya, où un habitant sur dix survit grâce à des rations d’urgence.

Par Tristan McConnell, Times, 22 octobre 2009

« La dernière fois où j’ai eu une bonne récolte c’était en 2003 - il n’y a rien eu du tout durant les trois dernières années », se désole Mutindi Maithya, une jeune veuve qui vit avec ses six enfants sur un terrain d’un hectare et demi de terre brûlée par le soleil.

Assise sous un acacia, elle effrite entre ses doigts des mottes desséchées de terre ocre. « Il est difficile de faire face », dit-elle.

La sécheresse qui dure depuis quatre ans en Afrique orientale - la pire depuis plus de 10 ans - a poussé 23 millions de personnes au bord de la famine. Près de quatre millions de personnes sont en danger au Kenya, où un habitant sur dix survit grâce à des rations d’urgence.

La semaine dernière, les nuages ont recouvert la plus grande partie du pays, mais les pluies sont arrivées trop tard pour apporter un grand soulagement. Les agences humanitaires ont averti qu’elles amèneraient des inondations, le choléra et le paludisme.

Dans le nord aride, les pasteurs ont vu leur bétail mourir d’épuisement et de soif, et les animaux qui ont survécu doivent maintenant faire face aux inondations. Les habitants survivent avec peine et le nombre d’accrochages armés autour des points d’eau et des troupeaux est en hausse.

Même dans les régions habituellement les plus vertes, la sécheresse a fait des ravages. Quatre récoltes consécutives ont été perdues dans le sud-est tandis que la vallée du Rift, le grenier du Kenya, est devenue un désert aux cultures desséchées. On craint que de fortes pluies ne délavent les sols, entraînant avec elles les précieuses semences de maïs.

A Nairobi, les troupeaux efflanqués conduits par des pasteurs Masai réduits au désespoir paissent le long des routes. L’économie du pays est également menacée par la chute de la production du thé et du café, et les touristes qui visitent les parcs animaliers en reviennent avec des histoires de paysages jonchés de cadavres.

La sécheresse n’est pas une nouveauté dans cette partie de l’Afrique, mais ce qui est différent, désormais, c’est la fréquence avec laquelle elle frappe. La sécheresse revenait auparavant à peu près tous les dix ans mais aujourd’hui elle est presque permanente. De nombreuses personnes attribuent cette évolution des cycles au changement climatique.

(JPG)

Imagerie satellite NASA. Les zones de couleur brune sont celles où la croissance des végétaux est inférieure à la normale.

Le Gouvernement de coalition du Kenya, très divisé, qui a vu le jour l’an dernier après des élections marquées par la violence, a été accusé d’aggraver la situation en ne protégeant pas les réserves stratégiques de céréales du pays.

Alors même que s’annonçait la catastrophe actuelle, des milliers de sacs de maïs ont disparu au début de cette année. Certains ont ensuite refait surface dans le Soudan voisin. Des hommes politiques ont été accusés de compromissions avec des commerçants.

A Mwingi, les habitants vivotent en cultivant de petites parcelles et grâce à l’élevage. Récolte après la récolte, ces cultures n’ont rien rapporté, le bétail a péri et les puits se sont taris.

« Durant ces quatre dernières années, les agriculteurs ont continué d’espérer, mais chaque année a apporté le désespoir en raison de l’absence de pluies », rappelle Fergus Conmee, responsable de l’aide humanitaire d’une ONG catholique. « Cette crise les a réduits à la survie et de nombreuses familles paysannes se retrouvent sans ressources. »

Mafuo David est l’une des 3500 habitants de la région qui reçoivent du maïs, des haricots et de l’huile grâce à l’aide d’urgence de l’ONG. La plupart du temps, elle parvient à donner deux repas à sa famille, mais le premier ne consiste habituellement qu’en du thé noir sucré et le second en un bol de maïs.

Elle se souvient que dans les bonnes années, elle avait l’habitude de récolter cinq sacs de maïs, et trois de haricots mais il y a longtemps - « peut-être dix ans » - qu’elle n’a plus vu de telle récolte. L’an dernier, tous les plants sont mort, l’année précédente, elle récolté deux sacs de maïs et de haricots ; et l’année auparavant, rien du tout.

Son mari est décédé d’une maladie liée au SIDA en 2001. Elle doit donc cultiver les quelques champs de la famille avec l’aide de son fils aîné. Les petites bruines qui sont tombées cette semaine lui ont rendu le sourire : « le paysage a changé, les sols redevenus mous permettent de planter et nous avons de l’eau à boire. Même nos corps changent, nos visages sont plus brillants, » se réjouit-elle. Mme David a déjà ressenti cet optimisme récemment, mais à chaque fois il a été déçu.


Publication originale Times via Common Dreams, traduction Contre Info

Illustration : archive UNICEF et NASA



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http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2857
 
 
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