Ces photos de cadavres d’albatros dont l’estomac était rempli de déchets plastiques, nous dit leur auteur Chris Jordan, ont été prises sur les plages de Midway, au cœur du pacifique. M. Jordan précise qu’aucun débris n’a été déplacé lors de ces clichés, et bien que nous n’ayons aucun moyen de vérifier cette assertion, elle nous a semblé crédible. --- Ces goélettes des mers du sud font évidemment partie du bestiaire intime de chacun, prolongeant les légendes anciennes au travers desquelles l’homme a construit et dégagé peu à peu sa relation au monde. Nous autres, modernes, nous estimons bien sûr indemnes de ces révérences et rituels primitifs, considérés comme autant d’irrationnelles offrandes propriatoires, censées calmer les inquiétudes devant un monde indéchiffrable, et nous nous en réjouissons. Pourtant, à l’évidence, ces images rappellent l’urgence de ce questionnement trop vite jugé dépourvu de sens. Quel est notre rapport au monde animal, c’est-à-dire à la vie ? Aujourd’hui, notre liberté de pensée, si chèrement acquise, risque de s’anesthésier si elle se contente - comme l’entertainment qui a remplacé la culture nous y invite - d’une mise en abîme esthétique, fût-elle morbide, de notre place dans le monde, comme d’aucuns pourraient être tentés de le faire à la vue de ces images. Nous pouvons, nous pourrions... Mais nous allons devoir choisir. Contre Info.
photographies de Chris Jordan, octobre 2009

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Mise à Jour - La video d’une dissection d’albratros, réalisée par une scientifique d’Hawaï, confirme la réalité de ce phénomène. L’estomac de l’animal contenait 306 morceaux de plastique.
Sur le web
Scientific American - Plastic, plastic everywhere, nor any bite to eat : Pacific albatrosses feast on garbage patch offerings
"There was so many small plastic toys in the birds from Kure Atoll that we joked that we could have assembled a complete nativity scene with them," [Lindsay Young of the University of Hawaii] said. One Kure Atoll chick that died was found to have 306 pieces of plastic inside of it.
Jean Michel Cousteau : « Voyage à Kure », la découverte du paradoxe au paradis (août 2003)
Nous devons affronter de mauvaises nouvelles. Beaucoup d’entre vous qui avez suivi les nouvelles de l’expédition sur le site Web ou qui avez lu nos rapports ont pu constater les scènes choquantes que nous avons affrontées sur les plages ou le récif ; Des centaines d’oiseaux, surtout des albatros, gisent morts sur les plages et l’on aperçoit dans leurs corps décomposés une multitude de déchets en plastique. Presque toutes les îles que nous avons explorées présentent des plages couvertes de détritus, déchets de la société humaine provenant d’endroits situés souvent à des milliers de kilomètres de là : briquets en plastique, balles de golf, brosses à dents, jouets et flotteurs de pêche par exemple.

Environnement
10% de l’océan Arctique sera corrosif pour la vie marine avant dix ans





Besson en off : « Sarkozy a raison. Les médias, il faut les passer à la kalachnikov » (Le Post)