Pourquoi Ahmadinejad accueille-t-il Robert Mugabe en héros ? Décryptage.
L’expropriation des terres des fermiers blancs décidée par Mugabe a plongé le pays dans la misère et isolé celui-ci sur la scène internationale. Depuis qu’il est devenu un paria infréquentable, l’Iran veut voir en lui un héros de la lutte anti-occidentale, et l’a accueilli à bras ouvert.
Au delà du raccourci un peu simpliste sur une « internationale des états voyous », selon la terminologie en cours à Washington, ce rapprochement illustre le peu d’attention que l’Iran accorde non pas à l’opinion internationale, mais bien à l’Occident. Ahmadinejad se place dans la perspective d’un monde ou l’ouest n’est qu’une force parmi d’autres, et ne saurait dicter sa loi.
C’est effectivement l’enjeu actuel de la confrontation multiforme sur l’arc de crise qui va d’Asie Centrale au Moyen Orient. La victoire de l’Ouest, consacrée par la chute de l’empire soviétique, trop vite transformée en une vision de la fin de l’histoire puis à la suite du 11 septembre d’un monde policé par les seuls USA, est désormais mise à l’épreuve de l’Iran à l’Afghanistan, de l’Irak au Liban, mais aussi de Pekin à Moscou.
La sortie de crise déterminera à coup sur un nouvel équilibre de forces. Mais pour Ahmadinejad, l’issue ne fait aucun doute : le projet d’un Occident maitre des affaires du monde est bel et bien défait.

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