Environnement Climat
Mis à Jour le : 4 février 2012  18:26
Climat : Des sceptiques incompétents, lettre ouverte de scientifiques au Wall Street Journal
4 février 2012

En réponse à une tribune de climato-sceptiques, dont Claude Allègre, titrée « Pas besoin de paniquer à propos réchauffement de la planète », qu’a publiée le Wall Street Journal, une quarantaine de scientifiques du climat cosignent une lettre ouverte où ils dénoncent l’incompétence en la matière de scientifiques « qui sont l’équivalent dans le domaine de la science du climat de ce que seraient des dentistes pratiquant la cardiologie. »

Lettre ouverte, Wall Street Journal, 1er février 2012

Allez-vous consulter votre dentiste au sujet d’un problème cardiaque ? En science, comme dans n’importe quel autre secteur, les réputations sont fondées sur les connaissances, l’expertise en la matière, et sur des travaux publiés après évaluation par des pairs. Si vous avez besoin d’une opération chirurgicale, vous souhaiterez faire appel à un expert chevronné dans le domaine, ayant pratiqué de nombreuses opérations semblables.

Le Wall Street Journal a publié « Pas besoin de paniquer à propos réchauffement de la planète », une tribune au sujet du changement climatique, signée par des gens qui sont l’équivalent dans le domaine de la science du climat de ce que seraient des dentistes pratiquant la cardiologie. Bien qu’étant des scientifiques accomplis dans leurs propres domaines, la plupart de ces auteurs n’ont aucune expertise dans la science du climat. Les quelques auteurs qui ont une telle expertise sont connus pour avoir des vues extrêmes qui sont éloignées de celles de pratiquement tous les experts du climat. Ceci se produit dans presque tous les domaines de la science. Par exemple, on connait un expert des rétrovirus qui ne reconnait pas que le VIH soit la cause du SIDA. Et il est instructif de rappeler que quelques scientifiques ont continué à affirmer que le tabac ne provoque pas le cancer, longtemps après que la science l’ait établi.

Les spécialistes du climat savent que la tendance au réchauffement à long terme n’a pas diminué durant la dernière décennie. En fait, ce fut la décennie la plus chaude jamais mesurée. Les observations montrent sans équivoque que notre planète se réchauffe. Et les modèles informatiques ont montré récemment que durant les périodes où l’augmentation des températures de surface est plus faible, le réchauffement se produit ailleurs dans le système climatique, généralement dans les couches profondes des océans. Ces périodes correspondent à des phénomènes climatiques relativement communs, elles sont conformes à notre connaissance physique sur la façon dont fonctionne le système climatique, et elles n’infirment certainement pas notre compréhension du réchauffement d’origine humaine ou les modèles utilisés pour simuler ce réchauffement.

Les spécialistes du climat savent donc également ce que l’un d’entre nous, Kevin Trenberth, exprimait en réalité dans la citation déformée et sortie de son contexte reprise dans cette tribune. M. Trenberth se lamentait l’insuffisance des systèmes d’observation pour surveiller complètement la tendance au réchauffement dans l’océan profond ainsi que d’autres aspects des variations à court terme qui se produisent parallèlement à la tendance à long terme de réchauffement d’origine anthropique.

La National Academy of Sciences des États-Unis (créée par le président Abraham Lincoln afin de conseiller sur les questions scientifiques), ainsi que les principales académies nationales des sciences à travers le monde, et toutes les autres institutions scientifiques reconnues qui sont actives dans la recherche climatique ont déclaré que les résultats scientifiques sont clairs : la planète se réchauffe, et les humains en sont les principaux responsables. Les impacts sont déjà visibles et vont augmenter. La réduction des impacts futurs nécessitera des réductions significatives des émissions des gaz à effet de serre.

Une étude a montré que plus de 97% des scientifiques publiant activement dans le domaine conviennent que le changement climatique est réel et qu’il est d’origine humaine. Il serait fort imprudent pour tout dirigeant politique de ne pas tenir compte du poids de la preuve et d’ignorer les risques énormes que pose clairement le changement climatique. En outre, il existe des preuves très claires montraint que les investissements pour la transition vers une économie à faible émission de carbone permettraient non seulement à la planète d’éviter les pires risques de changement climatique, mais pourrait aussi produire des décennies de croissance économique. Ce qui est justement ce que le médecin a prescrit...

Signataires

Kevin Trenberth, Sc.D, Distinguished Senior Scientist, Climate Analysis Section, National Center for Atmospheric Research

Richard Somerville, Ph.D., Distinguished Professor, Scripps Institution of Oceanography, University of California, San Diego

Katharine Hayhoe, Ph.D., Director, Climate Science Center, Texas Tech University

Rasmus Benestad, Ph.D., Senior Scientist, The Norwegian Meteorological Institute

Gerald Meehl, Ph.D., Senior Scientist, Climate and Global Dynamics Division, National Center for Atmospheric Research

Michael Oppenheimer, Ph.D., Professor of Geosciences ; Director, Program in Science, Technology and Environmental Policy, Princeton University

Peter Gleick, Ph.D., co-founder and president, Pacific Institute for Studies in Development, Environment, and Security

Michael C. MacCracken, Ph.D., Chief Scientist, Climate Institute, Washington

Michael Mann, Ph.D., Director, Earth System Science Center, Pennsylvania State University

Steven Running, Ph.D., Professor, Director, Numerical Terradynamic Simulation Group, University of Montana

Robert Corell, Ph.D., Chair, Arctic Climate Impact Assessment ; Principal, Global Environment Technology Foundation

Dennis Ojima, Ph.D., Professor, Senior Research Scientist, and Head of the Dept. of Interior’s Climate Science Center at Colorado State University

Josh Willis, Ph.D., Climate Scientist, NASA’s Jet Propulsion Laboratory

Matthew England, Ph.D., Professor, Joint Director of the Climate Change Research Centre, University of New South Wales, Australia

Ken Caldeira, Ph.D., Atmospheric Scientist, Dept. of Global Ecology, Carnegie Institution

Warren Washington, Ph.D., Senior Scientist, National Center for Atmospheric Research

Terry L. Root, Ph.D., Senior Fellow, Woods Institute for the Environment, Stanford University

David Karoly, Ph.D., ARC Federation Fellow and Professor, University of Melbourne, Australia

Jeffrey Kiehl, Ph.D., Senior Scientist, Climate and Global Dynamics Division, National Center for Atmospheric Research

Donald Wuebbles, Ph.D., Professor of Atmospheric Sciences, University of Illinois

Camille Parmesan, Ph.D., Professor of Biology, University of Texas ; Professor of Global Change Biology, Marine Institute, University of Plymouth, UK

Simon Donner, Ph.D., Assistant Professor, Department of Geography, University of British Columbia, Canada

Barrett N. Rock, Ph.D., Professor, Complex Systems Research Center and Department of Natural Resources, University of New Hampshire

David Griggs, Ph.D., Professor and Director, Monash Sustainability Institute, Monash University, Australia

Roger N. Jones, Ph.D., Professor, Professorial Research Fellow, Centre for Strategic Economic Studies, Victoria University, Australia

William L. Chameides, Ph.D., Dean and Professor, School of the Environment, Duke University

Gary Yohe, Ph.D., Professor, Economics and Environmental Studies, Wesleyan University, CT

Robert Watson, Ph.D., Chief Scientific Advisor to the UK Department of Environment, Food and Rural Affairs ; Chair of Environmental Sciences, University of East Anglia

Steven Sherwood, Ph.D., Director, Climate Change Research Centre, University of New South Wales, Sydney, Australia

Chris Rapley, Ph.D., Professor of Climate Science, University College London, UK

Joan Kleypas, Ph.D., Scientist, Climate and Global Dynamics Division, National Center for Atmospheric Research

James J. McCarthy, Ph.D., Professor of Biological Oceanography, Harvard University

Stefan Rahmstorf, Ph.D., Professor of Physics of the Oceans, Potsdam University, Germany

Julia Cole, Ph.D., Professor, Geosciences and Atmospheric Sciences, University of Arizona

William H. Schlesinger, Ph.D., President, Cary Institute of Ecosystem Studies

Jonathan Overpeck, Ph.D., Professor of Geosciences and Atmospheric Sciences, University of Arizona

Eric Rignot, Ph.D., Senior Research Scientist, NASA’s Jet Propulsion Laboratory ; Professor of Earth System Science, University of California, Irvine

Wolfgang Cramer, Professor of Global Ecology, Mediterranean Institute for Biodiversity and Ecology, CNRS, Aix-en-Provence, France


Publication originale Wall Street Journal, traduction Contre Info

http://online.wsj.com/article/SB10001424052970204740904577193270727472662.html ?mod=WSJ_Opinion_MIDDLEThirdBucket



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Référence
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3196
 
 
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