Economiste très réputé, Alan S binder a publié l’année dernière une étude sur l’impact prévisible des délocalisations aux USA. Après avoir passé en revue l’ensemble des tâches susceptible d’être effectuées à l’étranger, il affirme aujourd’hui que 30 à 40 millions d’emplois seront délocalisés d’ici 10 à 20 ans.
Enseignant à Princeton, Alan S Binder a égalemenet occupé le poste de sous directeur de la Banque Centrale Américaine, et de conseiller économique du président Clinton. Partisan résolu du libre échange, il se refuse à envisager la solution du protectionisme.
Pour autant, il estime que les délocalisation constituent un défi majeur pour le futur de l’économie américaine, dont l’ampleur n’a pas encore été correctement perçue.
L’insécurité ressentie par les salariés US face à la concurrence des pays à bas salaire n’est que « le sommet d’un très gros iceberg », juge-t-il.
40 millions d’emplois est un chiffre équivalent au double de celui du secteur industriel en amérique aujourd’hui.
L’hypothèse selon laquelle seuls les travaux peu qualifiés seraient délocalisables lui apparait intenable. La multiplication des réseaux de circulation de l’information et la montée en compétence des pays asiatiques rendent également certaines professions de service extrêment vulnérables.
Informaticiens, opérateurs de saisie, mathématiciens, analystes financiers, interprètes, désigners graphiques, comptables, font partie des professions menacées, au nombre desquelles il mentionne aussi les économistes...
Remettant en cause l’oppostion traditionnellement faite entre les métiers peu qualifiés et ceux mobilisant un haut niveau de connaissance, il affirme que la vraie frontière se situe entre ceux exigeant le contact, la proximité et les autres.
A titre d’exemple, il oppose l’avocat fiscaliste et l’avocat chargé du divorce. L’un apporte une expertise technique qui peut être fournie à distance, alors que l’autre doit développer une relation avec ses clients qui ne peut se passer de proximité.
Les diplômés ne pourront donc plus se considérer à l’abri d’une mauvaise surprise. En conséquence, il conseille de repenser le système d’éducation pour qu’il intègre non plus seulement l’objectif d’un niveau de qualification, mais aussi le caractère délocalisable ou non des compétences acquises.
Binder suggère d’autre part de faire bénéficier d’avantages fiscaux les emplois non délocalisables, indépendemment de leurs qualifications et niveaux de salaire.

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