Margaret Beckett, ministre des affaires Etrangères du Royaume Uni, a mis en garde contre le réchauffement climatique, déclarant qu’il pourrait ouvrir une nouvelle ère de conflits à travers le monde pour la maîtrise de l’eau et des ressources naturelles, si nous n’agissons pas plus résolument pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. De son coté, l’ONG Christian Aid estime à 1 milliard le nombre de personnes qui pourraient être jetées sur les routes, fuyant les désastres nés du climat.
Selon la responsable britannique, les conflits dus au changement climatique ont déjà lieu en Afrique, comme au Darfour, qui dit-elle est un « combat qui oppose des communautés pastorales et nomades pour le contrôle de ressources qui se sont raréfiées à cause du climat ».
Lors de cette déclaration effectuée au Royal United Services Institute à Londres, elle a également cité le cas du Ghana, où les éleveurs Fulani commencent à prendre les armes contre les cultivateurs pour s’assurer de la maitrise des terres et des puits, poussés par la désertification qui gagne du terrain.
Elle estime que le Moyen Orient, qui abrite 5% de la population mondiale, mais seulement 1% des ressources en eau, pourrait être particulièrement exposé, avec l’Arabie Saoudite et l’Iran qui subissent déjà une forte diminution des pluies.
Tout aussi alarmant, le Nil, dit-elle, pourrait voir son débit chuter de 80%, et son delta menacé par l’élévation du niveau des mers, ce qui contraindrait 2 millions de personnes à l’exil.
« Les conflits pour les ressources ne sont pas chose nouvelle », a-t-elle déclaré, « mais avec le changement climatique nous avons à faire à une nouvelle accélération potentiellement désastreuse ».
Le rapport de Christian Aid
Venant confirmer les craintes exprimées par Mme Beckett, l’ONG anglaise Christian Aid publie aujourd’hui une étude titrée « Marée Humaine : la véritable crise migratoire », ou elle estime qu’un milliard de personnes seront forcées de quitter leurs terres d’ici à 2050, chassées par les effets du réchauffement climatique, et qui viendront s’ajouter aux 155 millions de personnes déplacées aujourd’hui :
« Quand les effets du changement climatique s’ajouteront aux désastres naturels, aux causes économiques qui provoquent les migrations et viendront exacerber les conflits, nous craignons de voir naître une crise de l’émigration qui échapperait à tout contrôle. Si aucune action urgente n’est entreprise, elle menace de surpasser celles que le monde a connu durant la deuxième guerre mondiale dans les régions ravagées par le conflit ».
« Les migrations forcées sont la plus grande menace qui pèse sur les pays en développement. L’heure d’agir est venue », alerte Christian Aid.

Environnement





Pendant le coup de froid, le pôle se réchauffe
Comparaison des avantages : le nombre de brevets déposés par la Chine (1 million de nouveaux ingénieurs chaque année) a augmenté de 29% - celui des USA a baissé de 11% (Agence)