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Mis à Jour le : 10 mars 2010 04:07
La désinflation compétitive, présentée comme la seule issue pour les pays du sud de l’Europe, pourrait éventuellement fournir une porte de sortie pour un seul pays. Mais lorsque cette politique se généralise, avec de nombreuses nations s’apprêtant à emboiter le pas à l’Irlande et à la Lettonie, la relance par les exportations tient du mirage, avertissent Auerback et Parenteau, deux économistes proches des thèses Post Keynésiennes. De plus, en alourdissant le poids de la dette - qui contrairement aux salaires, ne baisse pas - et diminuant d’autant la consommation, le choix de la rigueur salariale se traduit immédiatement par une aggravation des déficits de l’Etat. La désinflation, pas plus que l’austérité budgétaire, qui provoque elle aussi par une chute de la consommation et donc du revenu de l’impôt, ne sauraient permettre de sortir de la crise. La boussole qui doit guider les politiques publiques, c’est l’emploi, et non une vision strictement comptable au seul bénéfice des créanciers, concluent-ils.
« Parce que le service public doit garantir une justice humaine, indépendante, de qualité et proche des usagers.
Parce qu’une justice asphyxiée est une justice sous contrôle. Parce que pour fonctionner correctement la justice a besoin de moyens décents. Nous, agents des services judiciaires, de l’administration pénitentiaire, de la protection judiciaire de la jeunesse, de l’administration centrale, magistrats et avocats, appelons à une mobilisation nationale unitaire. » Vingt cinq syndicats et organisations professionnelles appellent à une manifestation aujourd’hui à 14 heures devant le Palais de Justice de Paris. Nous reproduisons ci-dessous leur communiqué commun.
Exit l’Organisation des Etats américains (OEA) ? La « rencontre de l’unité », déroulée ironiquement à Cancun au Mexique, a en tout cas marqué la volonté des chefs d’Etat et de gouvernement d’Amérique latine et des Caraïbes de prendre d’avantage d’autonomie vis-à-vis du grand frère étasunien, siège de l’OEA et poids lourd en son sein.
Les efforts patelins de Raffarin pour renouer le fil distendu des relations franco-chinoises après le coup de froid venu du Tibet n’y peuvent mais. Le ton ironique et cassant sur lequel le Quotidien du Peuple commente l’annonce de la fermeture de la base militaire de Dakar ne s’encombre d’aucune réserve diplomatique, ni ne ménage les susceptibilités françaises. Décrivant le voyage de Nicolas Sarkozy en Afrique comme celui de quelqu’un « qui a la hâte d’en avoir terminé au plus vite, mais qui n’a pas le cœur léger », l’éditorial ne manque pas de rappeler le désastreux discours de Dakar, qui a « blessé profondément le sentiment du large public africain ». Le quotidien officiel chinois voit dans le départ des troupes françaises la marque de l’échec de « soi-disant politiques de ’démocratie’, de liberté’ et des droits de l’homme’ appliquées par la France à l’encontre des pays africains [qui] ont accentué la pauvreté et le désordre en Afrique. Les opérations d’intervention des troupes françaises cantonnées dans de pays africains ont seul but de protéger les intérêts de la France et ses ressortissants. Et sont complètement inutiles pour la stabilité africaine. » A bon entendeur...
« Messieurs, Dames, des instances européennes, je m’adresse à vous : il y a feu en la demeure ! » lance Paul Jorion, qui réclame que soient interdites les spéculations basées sur les CDS, ces contrats d’assurance utilisés par la finance et les banques, qui permettent de parier sur la faillite d’une entreprise ou d’une nation et précipitent d’autant les échéances.
Comment solder les différences de niveaux de prix intra européens, lorsqu’a disparu l’arme de la dévaluation ? La réponse classique consiste à prôner la déflation salariale - entendre blocage ou baisse des salaires, qui entrainerait une baisse relative de l’inflation et des coûts par rapport à la zone euro et permettrait de restaurer la compétitivité des économies du sud. En clair, plusieurs années d’éreintantes vaches maigres en perspective. L’économiste Jacques Delpla, reprenant une étude d’Olivier Blanchard, du FMI, propose une mise en œuvre à marche forcée de ce programme. Les Etats du sud, propose-t-il, devraient imposer une réduction coordonnée des salaires et des prix, de l’ordre de 10 à 30%. Jean Claude Werrebrouck s’inquiète des conséquences de cette mesure « abracadabrantesque », aux effets de bord imprévisibles, et qui de plus aurait pour conséquence remarquable d’être favorable aux rentiers. Face à la grande crise qui menace, le temps n’est plus aux bricolages, juge-t-il : il convient de « rétablir la souveraineté monétaire ».
Tiruvadi Jagadisan, ancien directeur de la filiale indienne de Monsanto affirme que l’entreprise « avait l’habitude de falsifier les données scientifiques » transmises aux organismes gouvernementaux afin d’obtenir les autorisations de commercialisation pour ses produits. M. Jagadisan indique avoir démissionné de ses fonctions car il avait « le sentiment que la direction de Monsanto aux Etats-Unis exploitait notre pays ».
« Il est normal que, dans une société où il y a plus de retraités, la part de la richesse nationale qui leur est consacrée augmente. Le tabou qui doit sauter est celui de l’augmentation des cotisations patronales ainsi que la taxation des revenus du capital. Il est temps de rééquilibrer la part de la rémunération du travail dans la valeur ajoutée. » Intervention de la Députée Martine Billard à la tribune de l’Assemblée Nationale.
« Le problème, avec le Mossad, c’est qu’il agit comme un fief indépendant qui ignore les intérêts vitaux politiques et stratégiques à long terme d’Israël, tout en bénéficiant du soutien automatique d’un Premier ministre irresponsable, » écrit Uri Avnery, qui compare ce service secret à un « canon désarrimé » balayant le pont du navire dans sa course folle. Vécue comme un succès en Israël, le dommage sur la scène internationale provoqué par cette opération est pourtant considérable, juge-t-il. « L’affaire de Dubaï renforce l’image d’un Etat d’Israël brutal, d’une nation voyou qui traite avec mépris l’opinion internationale, d’un pays qui mène une guerre de gang, qui envoie à l’étranger des équipes semblables à celles de la mafia, d’une nation paria que devraient éviter les gens sensés. » Et de poser à ses concitoyens la question suivante : « était-ce utile ? »
La Convention sur les armes à sous-munitions (CASM), qui vise à interdire l’usage, la production, le stockage et le transfert de ces armes, a été ratifiée et entrera en vigueur le 1er août 2010.
Leçon de libéralisme : aux Etats-Unis, le gain moyen des 400 plus hauts revenus a augmenté de 36% en 2007, pour atteindre 345 millions de dollars, contre 263 en 2006. Ensemble, ces 400 ménages ont perçu 185 milliards de dollars, chiffre comparable au PIB du Chili. Depuis 1993, les revenus de cette tranche ont été multipliés par 8 en dollars courants. Et le taux d’imposition effectif est passé de 29% en 1995 à 16,6% en 2007. Les trois quarts de ces gains proviennent de plus values. --- Note de bas de page sur la rémunération et l’accumulation du capital : « si un seul franc (de 1914) avait été placé à 5 % et à intérêts composés au début de l’ère chrétienne, il fournirait aujourd’hui à chaque habitant de la planète sept lingots d’or d’un volume égal à celui du globe terrestre. » - Jacques Duboin - Les Yeux Ouverts, 1955.
Les néoconservateurs qui souhaitaient transformer le Moyen Orient ont réussi au-delà de leurs attentes, mais le résultat diffère sensiblement de leurs prévisions. Loin d’avoir gagné un allié dévoué et une place forte au cœur de la région, ils ont au contraire renforcé Téhéran. Dernière preuve en date de cette influence, c’est Ahmed Chalabi, l’exilé irakien favori des faucons de Washington en 2003 et dont le rôle d’agent d’influence au service de Téhéran est désormais indubitable, qui a épuré la liste des candidats aux prochaines élections de 500 hommes politiques sunnites, agissant sous la férule directe des dirigeants iraniens. « Sept ans après l’invasion américaine, l’Iran a la haute main sur le pays grâce à ses alliances avec un réseau de politiques chiites » écrit Robert Dreyfuss, qui estime que Téhéran ne renoncera pas aisément à cet atout majeur dans le conflit qui l’oppose à l’occident sur le dossier nucléaire.
« Après avoir plongé dans la misère les peuples du Sud en endettant leurs Etats, le FMI (Fond Monétaire International) s’attaque maintenant aux peuples européens, frappés de plein fouet par la crise capitaliste internationale. Les Agences de notations, outils au service de l’oligarchie financière, jouent quant à elles pleinement leur rôle dans la course à la rentabilité sur le marché de la dette, en n’hésitant pas à sanctionner financièrement les moindres faux-pas des pays affaiblis par la crise. Mais les islandais, en imposant un referendum sur une loi irresponsable et dangereuse, ne comptent pas se soumettre aussi facilement. Le combat est certes déséquilibré, mais il n’est pas fini ... »
« Le gouvernement ne semble pas avoir pris la pleine mesure des conséquences de la dégradation du marché du travail, » écrit le rédacteur en chef d’Alternatives Economiques qui juge incompréhensible « qu’après avoir lâché des milliards pour venir au secours des spéculateurs qui avaient pris des risques insensés, l’Etat ne trouve pas quelques millions d’euros pour améliorer le quotidien des chômeurs » qui arriveront en fin de droits cette année. Quant aux quatre milliards de subvention aux heures supplémentaires, qui représentent l’équivalent de 420 000 emplois, c’est « tout simplement aberrant ».
« La panne d’emploi que subit l’Europe est avant tout due à une situation de croissance ralentie, entretenue par des politiques « de l’offre », incapables de relancer
l’investissement et de préserver la consommation populaire », affirme Liêm Hoang Ngnoc, Secrétaire national adjoint en charge à l’économie du Parti socialiste. Telle est la position officielle du Parti socialiste sur la question de l’emploi. La croissance en berne serait la
principale responsable du déclin du travail. Une opinion largement partagée par la classe politique, les divergences se situant sur les moyens de relancer la croissance. Mais le bon sens apparent du diagnostic ne cache-t-il pas une ignorance des enjeux économiques de
notre époque nous privant des moyens d’y répondre ?
Exprimant leur « honte » devant l’opération Plomb Durci dont la plupart des victimes étaient des civils, Arik Diamant et David Zonsheine, tous deux soldats de réserve, s’élèvent contre une stratégie de confrontation avec le Hamas qu’ils jugent inefficace pour Israël et appellent à un dialogue direct avec un groupe qui représente une partie importante du peuple palestinien et a prouvé par le passé sa capacité à faire respecter un accord. --- L’assassinat d’un militant du Hamas à Dubaï, qui s’apparente à du terrorisme d’Etat, montre que la voie choisie en Israël est toute autre. Le Hamas, s’il décide de venger ce crime, fournirait alors un alibi aux partisans de l’escalade et du conflit perpétuel, qui redoutent plus que tout la paix et le sacrifice des conquêtes territoriales illégales qui devrait l’accompagner. Contre Info.
Le calcul des taux de chômage par tranche de revenu de la population effectué par le Centre d’Etude du Marché du Travail (CLMS) de l’université de Boston, révèle le caractère dramatique de la crise pour les plus défavorisés. Alors que le taux de chômage national avoisine les 10%, et a atteint en décembre 17% en incluant le sous emploi résultant des temps-partiels non choisis et des chômeurs non comptabilisés, pour les américains les plus pauvres, le total du chômage et du sous emploi dépasse les 50%.
Que reste-t-il des espoirs levés par Obama ? Escalade de la guerre en Afghanistan, absence de progrès au Proche-Orient, échec du sommet de Copenhague, impasse de la tentative d’ouverture avec l’Iran, regain de violence en Irak, déception dans le monde arabe mais aussi en Amérique du sud, tensions croissantes avec la Chine, remise en cause de l’alliance stratégique par Tokyo, le paysage diplomatique de la Maison Blanche s’est considérablement assombri en l’espace d’un an. Analyse de Jim Lobe.
« Depuis le début de la grande crise, rien n’a été fait pour empêcher les financiers de spéculer », et pire encore, c’est aujourd’hui « avec l’argent versé par les Etats pour les renflouer que les mêmes spéculateurs s’en prennent aux Etats » constate Bertrand Renouvin, qui dénonce un « scandale majeur » : les peuples « vont payer la facture. Ils vont même payer toutes les factures : celle de la spéculation financière, celle du libre-échange, principale cause de la crise, celle du traité de Lisbonne, qui interdit l’aide de la Banque centrale européenne aux Etats, celle de la confusion croissante des organes de l’Union européenne. »
L’exonération fiscale des plus values sur les cessions de participations, introduite en 2004 sous l’égide de François Copé et de Nicolas Sarkozy, alors respectivement ministre du Budget et de l’Economie, s’est traduite par une perte de revenu de plus de 20 milliards sur les trois dernières années. Le député Didier Migaud, Président de la Commission des finances de l’Assemblée Nationale, a demandé à Bercy quelles étaient les justifications de ce cadeau gigantesque en des temps difficiles. Dans leur réponse conjointe, Eric Woerth et Christine Lagarde conviennent que leurs services n’ont pas été en mesure de mesurer des résultats tangibles, ni en terme d’emploi ni en terme d’installation d’entreprises en France. « Je continue de penser que l’évaluation produite par le Gouvernement ne justifie pas le maintien d’un tel niveau d’exonération, qui s’apparente plutôt à du dumping fiscal, » conclut Didier Migaud. Sans commentaire.
Entre 2010 et 2014, 1400 milliards de crédits immobiliers commerciaux devront trouver un refinancement, mais la moitié de ces emprunts sont d’un montant supérieur à la valeur actuelle du bien, avertit la Commission de Contrôle du Congrès américain, qui s’attend à une nouvelle vague de défaillances, pouvant provoquer de 200 à 300 milliards de pertes supplémentaires, principalement pour les petites banques régionales qui sont très présentes dans ce type d’opérations.
En ces temps de déficits stratosphériques, il ne se passe pas de jour sans qu’un responsable politique ou un journaliste n’explique doctement que les finances de l’Etat doivent se gérer à l’image de celles d’un ménage. Pourtant, ces déclarations apparemment empreintes d’un bons sens éprouvé en sont totalement dépourvues, rappelle l’économiste post keynésien Randall Wray. Là où un ménage est soumis à la contrainte indépassable de solder un jour ou l’autre ses comptes et de se procurer auprès d’autrui l’instrument de paiement nécessaire pour ce faire, l’Etat souverain, en raison de ses prérogatives et de sa durée d’existence sans limitation de temps, échappe à la règle commune. Et ce d’autant plus dans la mesure où c’est lui, justement, qui définit les règles en vigueur, et dispose en dernier recours du droit de battre monnaie. — Rappelons que les émissions monétaires depuis le début de la crise sont de l’ordre de 1500 milliards de dollars aux USA, dont 300 consacrés à l’achat de bons du Trésor, et de 180 milliards de livres au Royaume Uni. En comparaison, les 60 milliards de monétisation que s’est autorisée la BCE semblent bien timides. Mais, quid des risques d’inflation ? Dans les circonstances calamiteuses où nous nous trouvons, l’inflation maitrisée n’est pas un risque mais un remède. Dans la période qui vient, le choix sera celui-ci : une purge amère d’austérité, avec son lot de misères sociales et de dépression de l’activité, au nom d’un respect scrupuleux du dogme monétariste, ou bien un allègement du poids insupportable de la dette, au détriment des créanciers. En clair, il s’agit de choisir entre le travail et la rente, celle là même, qui par l’inconséquence de ses « gestionnaires » a mis les sociétés à genoux. Contre Info.
Simon Johnson, ex Conseiller économique auprès du FMI, analyse l’éventualité d’un recours à cette institution pour venir en aide à la Grèce, comme certains l’envisagent aujourd’hui. Outre le fait que les règles du FMI ne sont pas adaptées à une intervention en faveur d’un membre d’une union monétaire, et qu’une telle intervention nécessiterait - entre autres - de recueillir l’assentiment de la Chine et des USA, la crédibilité et le statut de l’Union au plan international en sortiraient grandement amoindries, avertit-il. Pourtant, il faut agir vite, selon lui, car les produits dérivés adossés à la dette souveraine - toujours pas régulés - pourraient à nouveau déclencher une cascade de réactions en chaîne incontrôlables. --- Une remarque. La sortie de crise ne dépend pas de cette seule et inconfortable alternative : financement par l’Europe ou par le FMI. Les Etats ont fort obligeamment accepté de garantir les émissions de dette des banques à l’automne dernier. Ils pourraient aujourd’hui pratiquer de même pour sauver la mise des nations menacées. Contre Info.
Paul Krugman, didacticien dans l’âme, propose une analyse des causes de la crise profonde frappant l’Espagne, qui pour lui est un cas d’école illustrant les impasses faites lors de la création de l’euro. En l’absence de politiques économiques coordonnées et du correctif automatique apporté par la variation des cours des devises, rien ne vient résorber les déséquilibres existant entre les pays membres de l’Union monétaire, et la crise actuelle agit comme un révélateur de ses faiblesses structurelles. --- Si la situation décrite par Krugman n’est guère contestable, il convient cependant de la remettre en perspective. Les anglo-saxons éprouvent une forme de lâche soulagement et se sentent moins seuls à la vue de difficultés de l’Europe continentale. Pour autant, si c’est aujourd’hui la Grèce et au-delà les pays faibles de l’eurozone qui tiennent le devant de la scène, leur cas n’est qu’une illustration parmi d’autres des difficultés partagées par l’ensemble des pays dits développés. Les finances des USA, du Japon, de la Grande Bretagne sont dans une situation à peine moins déplorable et la Grèce ne doit son triste privilège qu’au fait qu’elle est la proie la plus facile dans un troupeau d’éclopés. La masse de capitaux flottants censée représenter la richesse du monde cherche avant tout à se protéger en ces temps troublés, mais les réflexes prédateurs sont toujours là. Au moindre signe de faiblesse, excités par l’odeur du sang (c’est le vocabulaire en usage dans les salles de marché), les traders parient à la baisse et amplifient les désordres du monde, en une spirale destructrice. L’Europe n’est pas absoute pour autant, loin s’en faut. Depuis trop longtemps, elle vit dans un état de somnambulisme, entre incantations incessantes à ses principes fondateurs, sa vocation universaliste, et un déni de réalité. Pourvue des attributs d’une institution politique rassemblant les peuples, elle n’en assume aucune responsabilité sur le plan social ou économique, nos dirigeants ayant choisi en une coupable facilité de s’en remettre à l’intervention de la main invisible. L’élargissement à l’Est fut exemplaire à ce titre. Décrété nécessité historique en raison des grands principes, aucun accompagnement budgétaire, aucune planification de convergence, aucune réelle solidarité ne furent mises en œuvre. Ce faisant, ces pays ne pouvaient choisir d’autre voie que celle de l’endettement et du moins disant social et fiscal. Et lorsque le sauvetage est devenu inévitable, l’Europe s’en est remise au FMI. Que cette crise s’aggrave, et l’Europe révèlera sa réalité : celle d’un grand corps malade, trop vite cousu de membres épars, et dépourvu d’un système nerveux à la taille de son organisme. Contre Info.
Les USA se ruinent à vouloir maintenir leur statut de super puissance par de coûteuses guerres et un budget militaire gigantesque financés à crédit. Pour Eric Margolis, le complexe militaro-industriel, contre lequel le président Eisenhower avait mis en garde lors de son discours d’adieu, entraîne le pays vers sa chute et Obama, comme son prédécesseur, abuse ses concitoyens en recourant à l’emprunt pour continuer à maintenir l’illusion d’un empire aujourd’hui vacillant.
Champagne ! Les filiales anglaises des deux plus grandes banques de Wall Street sont désormais autorisées à vendre du gaz aux fournisseurs opérant en France. Mais seuls des esprits chagrins se demanderont pourquoi ces spéculateurs professionnels qui ont largement contribué à l’envolée des prix en 2008 pourront désormais intervenir très officiellement sur le marché de l’énergie : l’arrêté concernant la JP Morgan Markets Limited précise que celle-ci est « soumise aux obligations de service public ». Oui, vous avez bien lu, JP Morgan est désormais transformée par la baguette magique de M. Borloo en un opérateur de service public, auquel il incombe, selon les textes en vigueur, de s’assurer entre autres de « la sécurité d’approvisionnement », sans oublier la « qualité et le prix des produits et des services fournis ». On entend d’ici les éclats de rire à la City.
Nous avons souvent comparé la monnaie unique à un lit de Procuste. D’une humeur sans doute plus débonnaire, l’économiste Jean Claude Werrebrouck choisit de filer la métaphore vestimentaire. En matière monétaire, nous sommes passés, écrit-il, de la haute couture à un prêt-à-porter gênant aux entournures les corpulences disparates des membres de l’Union. Mais loin d’inciter à une hypothétique convergence comportementale, cette cote mal taillée a au contraire incité les nations à rechercher des niches compatibles avec leurs dispositions, accroissant l’hétérogénéité au sein de l’Union. Cette crise prévisible d’une union monétaire « non optimale » comme la nomment les économistes, pourra-t-elle être surmontée ? Pour ce faire, M. Werrebrouck estime que les Etats devraient adopter une stratégie coopérative de « keynésisme inflationniste », qui seule permettrait « d’extirper l’Europe du double étau des taux de change trop élevés et des montagnes de dettes publiques produites par la gestion de la crise. »
« Il faut environ 225 kilos de maïs pour faire un plein de 50 litres de carburant agroalimentaire. 225 kilos de maïs, c’est suffisant pour nourrir une personne pendant un an, » rappelle Chems Eddine Chitour, professeur à l’Ecole Polytechnique d’Alger et spécialiste des questions énergétiques. Avec une part croissante des productions céréalières - un quart aux USA - destinée à la production de biocarburant, c’est la sécurité alimentaire qui, à terme, est en jeu, rappelle-t-il : la quantité de maïs parti en fumée de gaz d’échappement aux USA aurait pu nourrir 330 millions de personnes.
Nous reproduisons l’appel, lancé à l’initiative de la Ligue des Droits de l’Homme et de Daniel Karlin, dénonçant les difficultés qu’ont certains citoyens à renouveler leurs papiers d’identité.
La première décennie du siècle a vu se dérouler des transformations majeures dans l’équilibre du monde. Les mouvements tectoniques que nous ressentons tous augurent-ils d’un basculement définitif du centre de gravité global durant la décennie qui vient ? Michael T. Klare tente de répondre à cette question en analysant les développements prévisibles de l’affaiblissement des USA et de la montée en puissance de la Chine, que rien ne semble devoir ralentir.
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