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Mis à Jour le : 1er juin 2010 15:47
La Turquie et toutes les nations émergentes, rendues confiantes par leurs succès économiques, s’émancipent d’une tutelle occidentale moralisatrice de plus en plus mal supportée, écrit l’éditorialiste Semih Idiz, dans le quotidien turc Hurriyet. « Cette attitude à l’égard de l’Occident n’est à l’évidence pas spécifique aux Turcs. De la Russie à l’Inde, de la Chine à l’Afrique on assiste à une réaction croissante et forte contre l’Occident. Certains parlent d’un retour de bâton « post-colonial. », constate-t-il, --- Ce texte, écrit avant l’assaut israélien, qui met en perspective l’initiative de la Turquie et du Brésil dans le dossier iranien, souligne tout en le déplorant l’aveuglement apparent de l’occident sur les forces à l’œuvre. La séquence à laquelle nous venons d’assister illustre la distance croissante entre le monde qui nait et la façon dont il continue d’être perçu à l’ouest. Lorsque la Turquie, jusqu’alors fermement arrimée à l’OTAN, et le Brésil, peu suspect de complaisance islamique, offrent une solution avec l’appui de la Russie à une crise diplomatique qui risque en permanence de dégénérer en conflit ouvert, l’Ouest, loin de se réjouir de voir le dossier avancer, n’a montré qu’embarras et méfiance. Comment ne pas voir dans cette réaction une forme du mépris arrogant à l’égard de nations considérées comme de second rang, non habilitées à traiter des affaires du monde ? Le dessin de Plantu publié à l’occasion - que nous percevons comme profondément insultant - l’illustrait on ne peut plus crûment, avec ses chefs d’Etats caricaturés en trois singes, l’un dément, l’autre aveugle et le dernier sourd. Ce qui nous échappe, tant il est difficile de se défaire des réflexes de dominants, d’entamer un dialogue constructif et respectueux entre égaux, c’est que vu d’Istamboul, de Brasilia et d’ailleurs, l’occident n’est plus la condition sine qua non de la solution mais une partie du problème. Ce qui pour nous relève de l’exigence indiscutable - au nom d’une morale irréprochable, comme de bien entendu - est perçu comme l’alibi déguisant une volonté de puissance appartenant à un passé révolu, ou au mieux, pour les plus indulgents dont fait partie Semih Idiz, une rigidité contre productive. L’assaut sur la flottille turque, dans ce contexte, apporte une nouvelle pièce à un acte d’accusation déjà lourd. Israël, qui se vit comme un fortin occidental fiché au cœur d’un monde « barbaresque », porte à leur paroxysme tous les maux de l’ancienne domination coloniale, et résume la détestable injustice d’un ordre tout aussi ancien, qui refuse - ou est incapable - de se réformer. Les innombrables dénégations quant au rôle central du conflit israélo-palestinien n’y peuvent mais. Car si les voix ne manquent pas pour proposer une analyse en termes « culturels » sous l’aspect d’un différent avec un Islam forcément rétrograde et extrémiste, à l’échelle de la scène mondiale les querelles bibliques et leurs prolongations contemporaines relèvent au plus d’étranges et lointaines traditions exotiques. Mais reste un problème, bien réel lui, qui menace la paix et la stabilité du monde, et face auquel l’occident continue de pratiquer un deux poids deux mesures non seulement injustifiable mais d’abord et avant tout dangereux, frisant l’irresponsabilité. Comment s’étonner, dès lors, que d’aucuns tentent de contourner les blocages - et les blocus - nouent des liens et prennent des initiatives, dans une superbe indifférence à nos critères ? Contre Info.
Un récent sondage confirme l’attachement des américains au capitalisme. Toutes tranches d’âge confondues, ils sont 52% à le juger positivement, contre 29% pour le socialisme. Mais la jeune génération est partagée : 43% des américains âgés de 18 à 30 ans jugent positivement le socialisme, et le même pourcentage le capitalisme. Charles Derber, qui enseigne la sociologie à Boston, analyse les résultats de cette enquête.
Le 12 février 2010, les soldats américains des forces spéciales ont tué cinq membres d’une famille réunie pour fêter une naissance. Parmi les victimes se trouvaient trois femmes - dont deux futures mères - qui seraient mortes de leurs blessures faute de soin, selon les témoins. Conscients de leur crime, les soldats ont ensuite essayé de le dissimuler. Sur place, un homme a vu un soldat tenter d’extraire les balles du cadavre de sa fille avec un couteau, pour faire disparaitre les preuves. Les porte-paroles de l’ISAF ont ensuite prétendu que deux insurgés avaient ouvert le feu contre les soldats, et que les femmes, dont on avait découvert les cadavres « entravés et bâillonnés », avaient été victimes de « crimes d’honneur ». Plus tard, une deuxième version des faits les a présentées comme victimes des talibans. Le 13 mars, le capitaine Jane Campbell, de l’US Navy, a publié un communiqué indiquant que « l’ISAF rejetait les accusations de dissimulation », affirmant à nouveau que les soldats avaient découvert les trois cadavres de femmes, mais indiquant cette fois que les liens étaient en fait une préparation pour leur enterrement. Ce n’est que le 4 avril que le général Tremblay a admis que l’ISAF était responsable de la mort des cinq membres de la famille et qu’aucun coup de feu n’avait été tiré contre les soldats. « Les morts ont pu être accidentelles, mais la dissimulation a été préméditée, intentionnelle et criminelle, » écrit le journaliste Matthew Nasuti, pour Kabul Press, qui juge que « La crédibilité de l’armée américaine est en jeu dans cette affaire, » et que l’extrême gravité des faits pourrait justifier la nomination d’un procureur spécial de l’ONU chargé de l’enquête, comme cela avait été le cas après l’assassinat de Rafiq Harari, le premier ministre libanais. « Ces meurtres, leur dissimulation et le refus de poursuivre les responsables, renforcent l’insurrection, » avertit-il. De plus, « l’ISAF et l’armée américaine risquent de perdre toute crédibilité dans le futur. Il ne s’agit pas d’une affaire dans laquelle on trouve une exagération, ou bien une ou deux fausses déclarations. Ce qui s’est passé après ces [...] meurtres, c’est une dissimulation soigneusement orchestrée. » « Si les militaires américains peuvent tuer des civils et tenter de faire porter le blâme sur autrui, alors ils n’auront qu’à s’en prendre à eux-mêmes si leurs prochains communiqués sont jugés manquer de crédibilité. » En se comportant ainsi, la coalition « abandonne le terrain de la moralité aux talibans et à Al Qaïda. » De tels évènements « peuvent changer le cours d’une guerre », conclut-il.
Le rêve américain se meurt, et avec lui le siècle de magistère sur le monde que l’Amérique s’était promise à elle-même, au nom d’une destinée manifeste qui n’est plus qu’une illusion dont il convient de se défaire, écrit Henry Allen, qui collabore au Washington Post depuis 39 ans et a obtenu en 2000 un prix Pulitzer pour son œuvre critique.
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