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Les infos absentes des prompteurs de JT  
Economie
Mis à Jour le : 12 mai 2010  17:16

 12 mai 2010  17:16

Avis d’expert. Le secteur financier et les agences de notation, dont l’extraordinaire clairvoyance nous a conduit où l’on sait, sont de retour sur le devant de la scène, toute honte bue, et réclament sans vergogne l’application immédiate de plans de rigueurs pour juguler une dette qu’ils jugent excessive, ce qui ne peut que casser une reprise encore fragile, avertit l’économiste Paul De Grauwe, qui rappelle que la dette souveraine n’a gonflé qu’en raison de l’insouciante prodigalité du secteur privé et non du public. « Derrière chaque euro supplémentaire de dette publique, il existe un euro de dette privée qui a été repris ou soutenu par l’Etat, » note-t-il, avant de conseiller instamment aux politiques de se défaire de la croyance que les marchés auraient toujours raison. Ecouter ces appels à la rigueur, appliquer les politiques d’austérité réclamées par la finance serait une politique à courte vue, met-il en garde, car les marchés « ne voient pas l’interdépendance de la dette publique et privée. En conséquence, ils contraignent aujourd’hui les gouvernements à s’engager trop tôt à réduire leurs dettes et les déficits, mettant ainsi en danger la solvabilité d’une grande partie du secteur privé. » --- La génération d’hommes aujourd’hui aux postes de responsabilité a fait carrière à l’ère du Consensus de Washington. A de rares exceptions près, une fois passée la « grande peur », les vieux réflexes ont bien vite repris le dessus et les leçons prétendument apprises ont été vite oubliées. Voici venu le temps de restauration : retour aux fondamentaux monétaristes, moins d’Etat, rigueur budgétaire accrue, Pacte de Stabilité renforcé. Silence radio sur l’excès de dettes du privé, sur la financiarisation, sur la perte de substance des économies induite par la dérégulation du capital, qui sont les causes premières de la crise et des souffrances sociales. Si les enjeux n’étaient pas aussi sérieux, ont pourrait décrire tout ceci sur le mode tragi-comique. Une cohorte de petits maîtres, non plus poudrés et emperruqués, mais tout aussi conformistes dans leurs manies de langages et leurs codes vestimentaires, tout emplis de leurs certitudes, et chantant à nouveau les louanges de la main invisible, comme si rien ne s’était passé. Ah, parlons de la réduction des déficits ! Le beau sujet que voilà ! Et les spectateurs abasourdis de comptabiliser le nombre de fois où l’analogie idiote entre budget de l’Etat et budget des ménages sera doctement réitérée par les Diafoirus qui peuplent les plateaux de télévision. Mais il n’y a franchement pas matière à rire. Contre Info.
 

 12 mai 2010  13:46

Passer rapidement d’un déficit budgétaire à deux chiffres à un excédent - comme on l’exige aujourd’hui de la Grèce, soit dit en passant - provoquerait à tout coup une récession de grande ampleur, ou pire encore. Comme la plupart de ses confrères, l’analyste Greg Ribbs de la Royal Bank of Scotland, constate avec pragmatisme ce que les politiques semblent encore refuser d’admettre. La politique budgétaire ayant atteint ses limites, le monétaire, c’est-à-dire les banques centrales, devra prendre le relais. Le niveau de la dette publique - mais aussi privée - dans le monde développé est tel que son remboursement à sa valeur actuelle est inenvisageable, à moins de vouloir tuer le malade à coup de saignées en prétendant le guérir. Le précédent de l’apurement des dettes de la seconde guerre mondiale - bien supérieures - montre sans équivoque quelle est la seule issue possible hors défaut de paiement. Elle requiert un taux de croissance nominal du PIB supérieur au taux d’intérêt. Ce qui en clair signifie une augmentation sensible de l’activité accompagné par une inflation soutenue. Willem Buiter, l’a rappelé récemment : aux USA la dette a été ramenée de 121% du PIB en 1946 à 31% en 1974. Dans ce désendettement nominal la contribution du facteur inflation a été aussi importante que celle de la croissance. Plus encore, la contribution budgétaire a été négative. Durant ces 28 ans, 20 exercices ont été déficitaires. Bien que cette conception ait été évacuée de la pensée économique dominante, il est urgent de se rappeler que la monnaie est une fonction, et non une ressource en quantité limitée, imposant de l’extérieur ses contraintes au destin des sociétés. Suspectant la complaisance des politiques, la très vertueuse Europe s’est privée du bras armé de la politique monétaire, en déléguant la responsabilité de la création de la monnaie au seul privé - crédité contre toute vraisemblance d’un meilleur jugement et d’une plus grande prudence en la matière. Funeste erreur. En multipliant sans retenue les créances, qui sont une autre forme de la monnaie, les banques ont gravement compromis la valeur de celle-ci, bien avant que la crise n’atteigne sa phase aigüe. Nous sommes ces jours-ci tympanisés de discours se présentant comme empreints d’un épais bon sens sur la nécessaire rigueur, bien que le mot soit banni, afin de mieux faire passer la chose. Mais, comme dans les années 1930, cette rationalité n’est qu’apparente : en exigeant d’insupportables ponctions sur l’activité pour rembourser une dette odieuse, l’appauvrissement généralisé est garanti, aussi bien pour les débiteurs que pour les créanciers. Le sacrifice de la souveraineté monétaire que l’Europe s’est imposée n’est plus de mise. La seule solution raisonnable passe par un dégonflement de la dette en utilisant les outils - tous les outils - à notre disposition : une cible d’inflation modérée et soutenue, accompagnée et facilitée par la monétisation. Et lorsque ce sont des banquiers, cette fois dégrisés, qui nous l’affirment, il convient de tendre l’oreille. Contre Info.
 

 11 mai 2010  17:39

« Produire des biens de la meilleure qualité possible, au coût le plus bas possible, en payant les salaires les plus élevés possible, » voilà la règle qui doit guider les industriels, affirmait Heny Ford qui, selon les conceptions en vigueur aujourd’hui, serait sans doute considéré comme un doux rêveur idéaliste. A l’idée selon laquelle les fruits de l’activité humaine et du progrès doivent être équitablement partagés entre les acteurs économiques et la société dans son ensemble, s’est substitué le fétichisme de la « création de valeur » au seul profit de l’actionnaire. Lorsque le travail - rapport fondateur de l’homme à autrui - est réduit au statut de variable contingente, d’entrave à la maximisation du profit, la possibilité même de « faire société » est sapée en ses bases. « Le plus grand bénéfice retiré du protectionnisme n’est pas économique, mais politique : c’est un outil qui contraint le capital de se soucier du destin économique des américains ordinaires », écrit l’économiste Ian Fletcher, membre de l’US Business and Industry Council, un groupe de réflexion fondé en 1933.
 

 7 mai 2010  13:47

A terme, la Grèce sera non seulement contrainte de répudier une partie de sa dette, mais aussi de quitter l’euro, prévoit Paul Krugman. La cure d’austérité exigée en contrepartie du financement accordé par l’UE et le FMI va provoquer une grave récession économique, qui ne pourrait être atténuée que par une relance des exportations. Les salariés refusant de faire les frais d’une déflation salariale, et la Grèce ne pouvant dévaluer, elle n’aura donc d’autre choix que de sortir de la zone euro, avertit Krugman, qui espère que la BCE et les responsables grecs aient déjà commencé à travailler en secret sur ce scénario.
 
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