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International Pakistan
Mis à Jour le : 9 novembre 2009  13:57

 9 novembre 2009  13:57

Loin d’être cantonné aux zones tribales, le fondamentalisme travaille en profondeur la société pakistanaise, avertit l’universitaire Pervez Hoodbhoy, enseignant à Islamabad, qui rapporte qu’un nombre croissant de ses élèves ont adopté le voile et se sont transformées en « silencieuses preneuses de notes », s’abstenant de poser des questions ou de prendre part aux discussions. Les comportements ultra-religieux d’inspiration wahhabite véhiculés par les madrassas se répandent, nous dit-il, dans toute la classe moyenne et les couches défavorisées. « Depuis trente ans, des forces tectoniques éloignent le Pakistan du sous-continent indien, et le rapprochent de la péninsule arabique. » Comme bien souvent, cette évolution a été initiée par le pouvoir, qui croyait trouver ce faisant un moyen de conforter son emprise sur la population. Vingt cinq ans plus tard, le résultat est là : lors des opérations de sauvetage après le tremblement de terre de 2005, des secouristes masculins se sont vu interdire de porter secours à des jeunes filles ensevelies sous les décombres, et sous la pression des islamistes, l’enseignement de la musique doit désormais s’effectuer hors des murs de l’université. « Le futur immédiat ne laisse guère de place à l’espoir. Un nombre croissant de mollahs font l’objet d’une dévotion par les croyants qu’ils ont rassemblés. La pauvreté, les privations, l’absence de justice et les inégalités fournissent le terrain idéal qui permet à ces démagogues de recruter à leur cause. » --- Les bombardements américains répétés sur le sol pakistanais, qui sont autant de bombes incendiaires lancées sur un pays chauffé à blanc où l’anti américanisme spontané nourrit l’islamisme le plus archaïque et radical, sont une folie géostratégique. Considérés comme un outil tactique dans la lutte contre les talibans, ils prennent le risque de faire naître une nouvelle mollarchie, mais cette fois-ci dans un pays nucléarisé de 180 millions d’habitants. Les humiliations répétées subies par l’appareil militaire pakistanais, transformé en supplétif de politiques occidentales qui ne tiennent pas compte de sa vision entièrement structurée par le conflit latent avec l’Inde, pourraient à terme le faire basculer vers le choix de la rupture avec l’occident. Les USA après avoir, avec le brillant résultat que l’on sait, nourri et renforcé l’islamisme radical, d’abord au nom de l’anticommunisme, puis en raison de leurs visées sur les ressources énergétiques de la région, sont une nouvelle fois en train de jouer avec le feu, et l’Europe, décidément incapable de produire des dirigeants dotés d’une vision géostratégique, lui emboite le pas, frappée de somnambulisme. En 2002, un proche de Rumsfeld avait énuméré à un général Wesley Clark abasourdi la liste des opérations de déstabilisation que le Pentagone envisageait de déclencher après une victoire imaginée rapide en Irak. La réalité a rattrapé ces rêves de toute puissance, mais pas exactement comme l’imaginaient les néoconservateurs. La logique de l’affrontement a aujourd’hui échappé à ses instigateurs et se développe selon son propre élan interne, accompagnée par cette stupéfaction de la pensée que fait naître la violence. Il est encore temps de faire machine arrière. Encore faudrait-il prendre conscience de la séquence dans laquelle nous sommes engagés. Contre Info.
 
 19 mai 2009  00:34
En quelques phrases sèches, Eric Margolis résume la situation, décrit les forces en présence et clarifie les enjeux. Embourbés dans une guerre ingagnable en Afghanistan, les USA qui bombardent déjà régulièrement le Pakistan ont poussé Islamabad à attaquer les pachtounes des zones tribales, au risque de faire voler en éclat la stabilité du pays et d’embraser la région tout entière. « Le véritable danger provient des États-Unis qui agissent comme un mastodonte enragé, foulant aux pieds le Pakistan, et contraignant l’armée d’Islamabad à faire la guerre à son propre peuple, » avertit Margolis qui connaît bien la région et les pachtounes pour les avoir côtoyés de près lors de la guerre contre les soviétiques.
 
 14 mai 2009  21:53
Nous nous disons mener une guerre contre les talibans. En réalité, il s’agit d’une guerre contre les Pachtounes, qui sont 40 millions, à cheval sur la frontière entre Pakistan et Afghanistan, et qui veulent retrouver à Kaboul la voix au chapitre perdue en 2001. Par une ironie de l’histoire, la stratégie du diviser pour régner de l’empire britannique, qui a présidé au tracé de la Ligne Durand, rend vaine toute logique militaire d’affrontement avec les Pachtounes en Afghanistan. C’est l’échec - prévisible - de la confrontation avec les tribus en Afghanistan qui met aujourd’hui le hinterland pachtoune du Pakistan à feu et à sang. L’occupation étrangère a pour résultat d’unifier toutes les tribus, toutes les familles, contre les envahisseurs, menaçant du même coup la cohésion du Pakistan, et renforçant les tendances les plus extrémistes. Quelle est la solution ? A l’inverse de ce que planifie Obama, c’est le départ des forces étrangères, dont la présence enflamme la région, qui est le préalable à toute amélioration de la situation. Le temps est-il venu - enfin - de comprendre que ce ne seront pas les opérations militaires de contre-insurrection et les bombardements meurtriers sur la population civile qui parviendront à promouvoir les droits de la femme à Kaboul ? Analyse de Graham E. Fuller, ancien responsable de la station Afghane de la CIA.
 
 12 mai 2009  17:06
« Plus Washington intervient, plus la situation se détériore inévitablement, selon l’axiome qui a été vérifié pratiquement dans le monde entier récemment. ... Laisser l’Asie Centrale se déterminer seule semblera à certains une proposition radicale, mais cela pourrait être la seule option qui améliore réellement la situation, contraignant les peuples de la région à trouver leurs propres réponses et solutions. Cela vaudrait également mieux que d’avoir une nuit à allumer la TV pour y voir les hélicoptères américains évacuer, vague après vague, les ambassades de Kaboul et d’Islamabad. Nous autres américains, ne connaissons que trop ces scènes. » Pour Giraldi, la poursuite des interventions au Pakistan et en Afghanistan ne fait qu’empirer les situations, avec un risque grandissant de voir sombrer dans le chaos le Pakistan doté de l’arme nucléaire. Faut-il alors envisager le retour des talibans à Kaboul ? Si le futur de l’Afghanistan ne ressemble pas à une démocratie pluraliste adepte du marché, qu’il en soit ainsi, s’exclame-t-il. Ce serait somme toute un moindre mal, et les talibans, qui ont chèrement payé leur alliance avec les jihadistes, ne commettront pas deux fois la même erreur.
 
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