Economie Idées
Mis à Jour le : 21 février 2012  16:46

 21 février 2012  16:46

Air du temps. Le très conservateur Washington Post consacre un long article à la Théorie Monétaire Moderne, l’une des branches héritières du post-keynésisme, dont le représentant le plus éminent est James Galbraith, fils de l’un des économistes les plus réputés en son temps, mais surtout homme respecté par ses pairs, par ailleurs régulièrement consulté par les élus et les responsables américains. Que l’on ne s’attende pas ici à un examen en profondeur de la MMT, ainsi qu’on la désigne communément par son acronyme anglo-saxon. Le journalisme actuel a ses règles, mêlant superficialité, bienséance et conformité - et tiendrait sans doute à égale distance tenants de Copernic et de Ptolémée. Mais ce coup de projecteur donné sur une école de pensée que son hétérodoxie rendait jusque là interdite de média est bienvenu. Car la MMT, au-delà d’insuffisances qui tiennent sans doute aussi à la petite taille de son écosystème, a l’immense mérite de ramener au centre du débat public la question de la monnaie et de son usage public. On pourrait résumer ainsi le cœur de ses thèses : la monnaie est une fonction sociale, et non pas une contingence à la rareté intrinsèque, contrairement à la doxa produite par trois décennies de monétarisme étriqué. A ce titre, son usage doit concourir avant tout au bien public, et non pas être surdéterminé entièrement par les règles du secteur privé, et ce d’autant plus lorsque ce dernier a si évidemment failli au rôle que la théorie dominante lui attribue. Bien sûr, on imagine déjà à cet énoncé les sourires entendus, les doctes haussements d’épaules. Allons donc ! Et Weimar ! Et la stagflation ? N’est-ce point le retour de ces « cranks », ces illuminés, dont se moquait Joan Robinson, qui croyaient que la création monétaire pouvait répondre à tous les problèmes ? La question n’est pas aussi simple qu’il parait. En 1948, Milton Friedman, le fondateur du nouveau monétarisme de l’école de Chicago, publiait une étude titrée : A monetary and fiscal framework for economic stability, dans laquelle il proposait que la quantité de monnaie en circulation soit déterminée non plus par le système bancaire - qui aurait été astreint à un ratio de réserve de 100% - mais par les injections monétaires que sont les dépenses publiques et les soustractions effectuées par les impôts. Ce type de fonctionnement est équivalent à celui préconisé aujourd’hui par les tenants de la MMT. Trente ans plus tard, Volcker, nouvellement arrivé à la tête de la Fed, prendra lui aussi pour boussole le pilotage direct de la masse monétaire - mais cette fois-ci via les banques - avant d’y renoncer et de revenir à une fixation des taux courts, entérinant de fait « l’endogénéité » de la monnaie, dont la quantité circulante ne serait plus désormais déterminée que par le secteur privé. Bien évidemment, la fonction monétaire ne résout pas tout. Mais le rappel de sa nature profonde : une convention sociale, dont la compréhension et les usages peuvent varier selon les circonstances est indispensable. Et les questions soulevées - parfois naïvement - par la MMT, ravivent des concepts oubliés, des éclairages indispensables, qui font largement défaut dans le débat public aujourd’hui. Contre Info.
 
 15 février 2012  16:26
Dans son ouvrage « Le Minotaure global », l’économiste Yanis Varoufakis soutient que les autorités américaines ont délibérément choisi, durant les années 1970, de mettre en œuvre un nouveau paradigme économique, en rupture avec la refondation du New Deal, afin de financer leurs déficits croissants en attirant les capitaux étrangers. Deuxième partie de l’entretien accordé à Naked Capitalism.
 
 14 février 2012  21:13
« Quand la crise advient, les banques, après avoir « titrisé » ces dettes et les avoir « diffusées » dans tout le système, se retournent vers les Etats (les citoyens) et les banques centrales qui doivent donc venir renflouer les institutions hypothécaires et les banques défaillantes. Comment ? Par des « prêts » à bas taux (à 0% le plus souvent), par la « monétisation » des dettes, c’est-à-dire par la création monétaire. Les dettes sont ainsi « transférées » vers les Etats qui doivent désormais en assurer la charge (creusement des déficits budgétaires) et donc, se retourner vers les contribuables. Le phénomène n’est certes pas nouveau et déjà Marx, dès l’époque pré-industrielle, en faisait une des caractéristiques du capitalisme moderne. »
 
 14 février 2012  20:33
« Aux alentours de 1971, les autorités américaines ont entrepris un mouvement stratégique audacieux : au lieu de s’attaquer aux déficits jumeaux toujours croissant du pays, les hauts responsables politiques américains ont décidé de faire le contraire : de stimuler ces déficits. Et qui paierait pour eux ? Le reste du monde ! Comment ? Par le biais d’un transfert permanent de capitaux, se ruant sans cesse au dessus des deux grands océans pour financer les déficits jumeaux américains. » L’économiste grec Yanis Varoufakis revient sur l’acte fondateur du nouveau régime de mondialisation, qui portait en germe la financiarisation des économies et l’accumulation des déséquilibres qui ont provoqué la crise de 2008.
 
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